#9 Panorama licences 2016 2025 – Fédérations généralistes : 195 000 licences perdues en dix ans, un quart des 25-59 ans en moins
Les quatorze fédérations généralistes — UFOLEP, FSGT, FSCF, Sports pour tous, ASPTT, Clubs de la Défense… — ont perdu 195 328 licences entre 2016 et 2025, soit −12,8 %, quand l’ensemble du sport fédéral en gagnait 7,3 %. Elles restent 10,6 % sous leur niveau d’avant-crise, et leurs licenciés de 25 à 59 ans reculent d’un quart. Premier volet d’une série consacrée aux familles d’activités.
Les huit premiers volets de l’analyse décennale ont porté sur l’ensemble des licences. Cette série descend d’un niveau et examine les familles d’activités une à une, selon la nomenclature du Panorama. Chaque volet suit la même grille : volume et trajectoire, pyramide des âges, féminisation, géographie, équipements, fédérations. Toutes les données sont explorables dans le Panorama des licences sportives 2016-2025.
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Une convention de lecture s’impose . Les évolutions nationales portent sur l’ensemble des licences du champ constant, y compris celles qui ne sont affectées à aucun département. La référence est l’ensemble des 109 fédérations, dont les licences progressent de 7,3 % entre 2016 et 2025. La famille des fédérations généralistes regroupe quatorze fédérations affinitaires et multisports, qui représentaient 9,4 % des licences en 2016 et 7,7 % en 2025.
1. Une famille qui n’a pas retrouvé son niveau d’avant-crise

Le recul des généralistes était amorcé avant 2020 ; la crise l’a amplifié et la reprise ne l’a pas compensé.
Les fédérations généralistes comptaient 1 528 782 licences en 2016 et 1 333 454 en 2025, soit −12,8 %, vingt points sous l’ensemble du champ constant.
Le recul était amorcé avant la crise sanitaire : −2,4 % entre 2016 et 2019, quand l’ensemble était stable (+0,3 %). La crise l’a amplifié : entre 2019 et 2021, la famille perd 36,2 % de ses licences, contre 21,0 % pour l’ensemble. La reprise ne compense pas : en 2025, la famille reste 10,6 % sous son niveau de 2019, quand l’ensemble le dépasse de 7,1 %.
Six fédérations restent au moins 12 % sous leur niveau de 2019 : le Sport travailliste (−58,5 %), la FSGT (−38,2 %), le Sport d’entreprise (−35,0 %), la 2FOPEN (−31,8 %), la FSCF (−26,3 %) et Sports pour tous (−12,0 %). À l’inverse, le Sport en milieu rural (+41,1 %) et la Police nationale (+85,7 %) dépassent nettement leur niveau d’avant-crise.
2. Un quart des 25-59 ans en moins

Chez les généralistes, toutes les tranches de 5 à 69 ans reculent ; hors fédérations scolaires, elles sont proches de zéro ou en hausse.
Hors Police nationale et Sport d’entreprise, dont l’âge des licenciés n’est pas renseigné une des deux années, les licences des 25-59 ans passent de 621 367 à 458 442, soit −26,2 %. Hors fédérations scolaires, cette tranche progresse de 2,4 % sur la même période.
| Groupe d’âges | Licences 2016 | Licences 2025 | Évolution |
| Moins de 15 ans | 377 373 | 346 173 | −8,3 % |
| 15-24 ans | 151 752 | 120 070 | −20,9 % |
| 25-39 ans | 265 981 | 190 950 | −28,2 % |
| 40-59 ans | 355 386 | 267 492 | −24,7 % |
| 60-74 ans | 261 618 | 269 097 | +2,9 % |
| 75 ans et plus | 53 021 | 89 438 | +68,7 % |
Licences dont l’âge est renseigné, hors Police nationale et Sport d’entreprise.
La part des 25-59 ans passe de 42,4 % à 35,7 % des licenciés généralistes, soit −6,7 points, contre −2,3 points hors fédérations scolaires : le creux par le milieu y est près de trois fois plus marqué. Les plus âgés progressent : les 60 ans et plus passent de 314 639 à 358 535 (+14,0 %), les 75 ans et plus de 53 021 à 89 438 (+68,7 %). L’âge moyen passe de 36,6 à 38,7 ans, soit +2,1 ans, contre +0,75 an hors fédérations scolaires.
3. Les femmes de 45-64 ans reculent au même rythme qu’ailleurs

La part des femmes baisse chez les 20-44 et les 45-64 ans, et progresse chez les plus jeunes.
Le volet consacré à la féminisation a montré que la part des femmes recule de 2,84 points chez les 45-64 ans hors fédérations scolaires. Chez les généralistes, sur les dix fédérations dont les données sont comparables, elle passe de 61,8 % à 59,5 %, soit −2,3 points : la baisse est du même ordre. La famille reste majoritairement féminine, avec 60,1 % de femmes en 2025 contre 58,6 % en 2016.
En volume, les femmes de 45-64 ans passent de 192 821 à 145 898 (−24,3 %), les hommes du même âge de 118 981 à 99 210 (−16,6 %). Sports pour tous porte la moitié de la baisse (−23 814 femmes de 45-64 ans), devant la FSCF (−7 650), l’UFOLEP (−6 935) et la Retraite sportive (−6 604). Dans ces mêmes fédérations, les femmes de 65 ans et plus progressent : de 43 125 à 50 869 à Sports pour tous, de 38 780 à 51 562 à la Retraite sportive, de 18 709 à 26 626 à l’UFOLEP.
Deux fédérations sont écartées de ce calcul, la FSGT et le Sport travailliste. La part des femmes y change brutalement entre 2021 et 2022 — de 46,1 % à 31,1 % à la FSGT —, ce qui relève d’un changement de déclaration plutôt que d’une évolution de la pratique. Les inclure ferait apparaître une baisse de 6,3 points qui ne correspond pas à un mouvement réel.
4. Un recul dans quatre départements sur cinq
Les licences généralistes reculent dans 81 départements sur 101. Rapporté au rythme de la famille (−13,2 % sur les 101 départements), le recul est le plus marqué dans l’Yonne (−32,9 points), la Vienne (−29,6), le Val-de-Marne (−24,5), la Seine-Saint-Denis (−22,0) et Paris (−19,9). À l’inverse, la Corse-du-Sud (+73,3 points), les Alpes-de-Haute-Provence (+34,3), la Seine-Maritime (+30,0), le Calvados (+29,8) et les Hautes-Alpes (+28,2) progressent nettement plus vite que la famille.
Les généralistes ne dessinent pas la diagonale du décrochage mise en évidence par l’analyse départementale : parmi les dix départements qui perdent des licences, les écarts vont de −19,5 points dans les Ardennes et −17,7 dans le Cher à +9,2 points en Haute-Saône. En métropole, l’écart de la famille est corrélé à celui de l’ensemble des licences du département (+0,54), ce qui tient en partie au poids de la famille dans ce total.
5. Les salles ne font pas la différence
L’analyse rapproche les fédérations généralistes des salles non spécialisées et multisports. Le recensement des équipements sportifs en compte 34 640, soit 5,1 pour 10 000 habitants et 38,5 licences généralistes par salle. Le volet consacré aux équipements a montré que les dix départements en recul comptent 70 % de salles non spécialisées de plus que la moyenne nationale, rapportées à la population.
Département par département, la densité de salles n’a pas de lien avec la dynamique de la famille : la corrélation est de −0,01 en métropole. Elle est en revanche liée au niveau de pratique (+0,35) : là où les salles sont nombreuses, les généralistes comptent davantage de licenciés par habitant, sans que leur recul y soit plus faible. Le parc s’est peu renouvelé : 3,4 % des salles dont la date de mise en service est connue ont ouvert depuis 2016.
6. Quatre fédérations concentrent les pertes

Neuf fédérations reculent, cinq progressent ; les quatre premières pertes dépassent le solde de la famille.
La FSGT (−70 365 licences, −31,7 %), la FSCF (−63 775, −29,4 %), Sports pour tous (−42 264, −21,1 %) et le Sport travailliste (−22 078, −68,6 %) perdent ensemble 198 482 licences, davantage que le solde de la famille. L’UFOLEP, première fédération de la famille, recule de 5,3 % (−18 296).
Cinq fédérations progressent. Le Sport en milieu rural gagne 23 854 licences (+50,2 %), la Police nationale 19 823 (+96,4 %), la Retraite sportive 8 174 (+10,2 %), Léo Lagrange 3 403 (+12,3 %) et Maccabi 118 (+1,5 %).
7. Ce qu’il faut en retenir
1. Les fédérations généralistes reculent de 12,8 % quand l’ensemble du sport fédéral progresse de 7,3 %, et restent 10,6 % sous leur niveau de 2019.
2. Le creux par le milieu y est près de trois fois plus marqué : −6,7 points de 25-59 ans, contre −2,3 hors fédérations scolaires, et −26,2 % de licences dans cette tranche.
3. La part des femmes de 45-64 ans y baisse au rythme national (−2,3 points contre −2,84), une fois écartée une rupture de série à la FSGT et au Sport travailliste.
4. Le recul touche 81 départements sur 101 et ne recoupe pas la diagonale du décrochage ; la densité de salles n’y est pas liée.
5. Quatre fédérations — FSGT, FSCF, Sports pour tous, Sport travailliste — concentrent toute la perte ; le Sport en milieu rural et la Police nationale progressent.
Méthodologie. Source : recensement des licences sportives annuelles, INJEP-MEDES / Ministère chargé des Sports, fichiers détaillés Lics_2016 à Lics_2025 ; champ constant de 109 fédérations ; famille « Généraliste » de la nomenclature du Panorama des licences sportives, quatorze fédérations. Équipements : recensement des équipements sportifs (RES), salles non spécialisées et salles multisports, hors équipements déclarés hors service ; populations municipales 2021.
Les évolutions nationales portent sur toutes les licences, y compris celles qui ne sont affectées à aucun département. Les indicateurs d’âge excluent la Police nationale (âge non renseigné en 2016) et le Sport d’entreprise (non renseigné en 2025) ; ceux de sexe excluent en outre la FSGT et le Sport travailliste, dont la part des femmes présente une rupture en 2022. Les 40 558 licences généralistes non affectées à un département en 2016 sont réparties selon la géographie 2019 de chaque fédération. Les écarts départementaux sont exprimés par rapport au rythme de la famille sur les 101 départements (−13,2 %), les départements de moins de 300 licences généralistes en 2016 étant exclus ; les corrélations sont calculées sur les 96 départements métropolitains. La date de mise en service est renseignée pour environ 62 % des équipements, et le RES ne recense pas les fermetures.
Le détail par département, par région, par famille et par fédération est disponible dans le Panorama des licences sportives 2016-2025.


