#10 Panorama licences 2016 2025 – Expression, forme et force : les enfants arrivent, les 25-59 ans s’en vont
La famille de la gymnastique, de la danse, de l’EPGV et de la musculation gagne 5,1 % de licences en dix ans, un peu moins que l’ensemble du sport fédéral. Cette stabilité apparente masque deux mouvements opposés : les moins de 15 ans progressent de 21 %, les 25-59 ans reculent de 22 %. La gymnastique gagne des enfants, l’EPGV vieillit, et les équipements de forme se multiplient sans que les licences suivent. Deuxième volet de la série consacrée aux familles d’activités.
Cette série examine les familles d’activités une à une, selon la nomenclature du Panorama, avec une grille commune : volume et trajectoire, pyramide des âges, féminisation, géographie, équipements, fédérations. Le premier volet portait sur les fédérations généralistes. Toutes les données sont explorables dans le Panorama des licences sportives 2016-2025.
Une convention de lecture s’impose d’emblée. Les évolutions nationales portent sur l’ensemble des licences du champ constant, y compris celles qui ne sont affectées à aucun département ; la référence est l’ensemble des 109 fédérations, dont les licences progressent de 7,3 % entre 2016 et 2025. La famille « expression, forme et force » regroupe sept fédérations : l’EPGV, la gymnastique, la danse, les sports de glace, le twirling bâton, l’haltérophilie-musculation et la Fédération française de force. Elle représente 5,8 % des licences en 2025.
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1. Une famille stable, des trajectoires opposées

La danse et la gymnastique dépassent leur niveau de 2016 ; l’EPGV et les fédérations de forme et de force restent en dessous.
La famille compte 960 905 licences en 2016 et 1 010 333 en 2025, soit +5,1 %, 2,2 points sous l’ensemble du champ constant. Elle progressait avant la crise (+2,2 % entre 2016 et 2019), a perdu 35,7 % de ses licences entre 2019 et 2021, contre 21,0 % pour l’ensemble, et dépasse en 2025 son niveau de 2019 de 2,9 %, contre 7,1 % pour l’ensemble.
Les deux sous-familles divergent. Les activités gymniques et d’expression passent de 915 609 à 975 162 licences (+6,5 %). Les activités de la forme et de la force passent de 45 296 à 35 171 (−22,4 %) : l’essentiel de la baisse est antérieur à la crise (−20,1 % entre 2016 et 2019), et ces fédérations restent en 2025 2,8 % sous leur niveau de 2019.
Par rapport à 2019, la danse (+21,3 %), les sports de glace (+12,4 %) et la gymnastique (+7,0 %) ont plus que retrouvé leurs effectifs ; l’EPGV (−3,1 %), le twirling (−3,6 %) et l’haltérophilie-musculation (−4,4 %) restent en dessous. L’EPGV pesait 52,3 % des licences de la famille en 2016, 46,3 % en 2025.
2. Le creux des actifs le plus profond de la série

La famille gagne aux deux extrémités de la vie et perd sur toutes les tranches de 25 à 59 ans.
Les licences des 25-59 ans passent de 329 994 à 255 858 (−22,5 %). Leur part dans la famille tombe de 34,4 % à 25,3 %, soit −9,1 points, contre −2,3 points hors fédérations scolaires et −6,7 points chez les généralistes. C’est le creux par le milieu le plus marqué des familles étudiées dans cette série.
| Groupe d’âges | Licences 2016 | Licences 2025 | Évolution |
| Moins de 15 ans | 315 680 | 382 990 | +21,3 % |
| 15-24 ans | 70 970 | 67 689 | −4,6 % |
| 25-39 ans | 101 927 | 78 152 | −23,3 % |
| 40-59 ans | 228 067 | 177 706 | −22,1 % |
| 60-74 ans | 201 092 | 228 230 | +13,5 % |
| 75 ans et plus | 41 691 | 75 566 | +81,3 % |
Licences dont l’âge est renseigné.
L’âge moyen de la famille ne bouge presque pas, de 36,6 à 36,7 ans. Cette stabilité est une moyenne entre deux publics qui s’éloignent : l’âge moyen des licenciés de la gymnastique passe de 14,4 à 12,7 ans, celui de l’EPGV de 52,7 à 58,2 ans.

Le recul des 25-59 ans est presque entièrement celui de l’EPGV.
L’EPGV perd 69 630 licenciés de 25 à 59 ans, soit 94 % de la baisse de cette tranche dans la famille, et en gagne 52 468 de 60 ans et plus. Hors EPGV, les 25-59 ans reculent de 4,7 % (de 95 062 à 90 556). La gymnastique gagne 63 988 licenciés de moins de 15 ans ; la danse progresse dans tous les groupes d’âges.
3. Une famille à 87 % féminine, où seule l’EPGV perd des femmes de 45-64 ans
La part des femmes passe de 85,1 % à 86,7 %. Elle progresse chez les moins de 20 ans (de 82,5 % à 87,3 %) et reste stable chez les 20-44 ans (84,0 %). Chez les 45-64 ans, elle passe de 89,0 % à 88,3 %, soit −0,7 point, contre −2,84 points hors fédérations scolaires : la famille ne reproduit pas la baisse nationale décrite dans le volet consacré à la féminisation.
En volume, les femmes de 45-64 ans passent de 226 853 à 187 344 (−39 509). Toute la baisse vient de l’EPGV, où elles passent de 195 070 à 155 552 ; dans les six autres fédérations, leur nombre est stable (31 783 en 2016, 31 792 en 2025). Les fédérations de forme et de force se féminisent : la part des femmes y passe de 33,2 % à 40,2 %.
4. Une géographie éclatée
Rapportées au rythme de la famille sur les 101 départements (+5,1 %), les licences reculent le plus dans l’Indre (−24,6 points), la Savoie (−24,2), le Calvados (−23,4), la Haute-Loire (−21,4) et le Pas-de-Calais (−20,8). Elles progressent le plus en Martinique (+65,2 points), dans le Tarn-et-Garonne (+57,6), en Guyane (+44,8), en Maine-et-Loire (+41,0), dans le Jura (+39,0) et les Hauts-de-Seine (+38,6). 35 départements sur 100 comptent moins de licences en 2025 qu’en 2016.
La famille ne suit pas la diagonale du décrochage : parmi les dix départements qui perdent des licences, les écarts vont de −24,6 points dans l’Indre à +23,5 points dans la Creuse. En métropole, l’écart de la famille n’est que faiblement corrélé à celui de l’ensemble des licences du département (+0,23).
5. Les équipements de forme se multiplient, pas les licences
Le recensement des équipements sportifs compte 13 509 équipements d’activités de forme et de santé, soit 2,0 pour 10 000 habitants. C’est, parmi les ensembles d’équipements associés aux familles de cette série, celui qui s’est le plus renouvelé : 23,3 % des équipements dont la date est connue ont été mis en service depuis 2016, contre 8,3 % des bassins de natation et entre 3,4 % et 5,4 % pour les ensembles associés aux autres familles. Le volet consacré aux équipements avait relevé que c’est aussi le seul type d’équipement moins dense dans les dix départements en recul que dans le reste du pays (−12 %).
Ce renouvellement ne se traduit pas en licences fédérales : sur la même période, les deux fédérations de forme et de force perdent 22,4 % de leurs licences. Département par département, la densité d’équipements de forme et de santé n’est que faiblement liée à la dynamique de la famille (+0,25 en métropole) et à son niveau de pratique (+0,12).
6. La gymnastique et la danse compensent l’EPGV

Quatre fédérations progressent, trois reculent.
La Fédération française de gymnastique gagne 55 686 licences (+19,0 %), la danse 27 818 (+35,1 %), le twirling bâton 5 704 (+39,1 %) et les sports de glace 4 911 (+19,0 %). L’EPGV en perd 34 566 (−6,9 %), l’haltérophilie-musculation 7 799 (−24,7 %) et la Fédération française de force 2 326 (−17,0 %).
Le solde de la famille, +49 428 licences, résulte donc de deux mouvements de sens contraire : 94 119 licences gagnées par les fédérations orientées vers les enfants et les jeunes, 44 691 perdues par l’EPGV et les fédérations de forme et de force.
7. Ce qu’il faut en retenir
1. La famille progresse de 5,1 %, un peu moins que l’ensemble (+7,3 %), mais la gymnastique et la danse progressent de 19 % et 35 % quand l’EPGV et la forme-force reculent.
2. Le creux par le milieu y est le plus profond de la série : −9,1 points de 25-59 ans, dont 94 % de la baisse en volume à l’EPGV.
3. La famille ne reproduit pas la baisse nationale des femmes de 45-64 ans (−0,7 point contre −2,84) ; la baisse en volume est entièrement celle de l’EPGV.
4. Sa géographie ne recoupe pas la diagonale du décrochage.
5. Les équipements de forme et de santé forment le parc le plus renouvelé des ensembles étudiés (23,3 % des équipements datés mis en service depuis 2016), alors que les licences de forme et de force reculent de 22,4 %.
Méthodologie. Source : recensement des licences sportives annuelles, INJEP-MEDES / Ministère chargé des Sports, fichiers détaillés Lics_2016 à Lics_2025 ; champ constant de 109 fédérations ; famille « Activités d’expression, de la forme et de la force » de la nomenclature du Panorama des licences sportives, sept fédérations. Équipements : recensement des équipements sportifs (RES), équipements d’activités de forme et de santé, hors équipements déclarés hors service ; populations municipales 2021.
Les évolutions nationales portent sur toutes les licences, y compris celles qui ne sont affectées à aucun département. Les indicateurs d’âge et de sexe portent sur les licences dont l’information est renseignée. Les 19 483 licences de la famille non affectées à un département en 2016 sont réparties selon la géographie 2019 de chaque fédération. Les écarts départementaux sont exprimés par rapport au rythme de la famille sur les 101 départements (+5,1 %), les départements de moins de 300 licences de la famille en 2016 étant exclus ; les corrélations sont calculées sur les 96 départements métropolitains. La date de mise en service est renseignée pour environ 62 % des équipements, et le RES ne recense pas les fermetures.
Le détail par département, par région, par famille et par fédération est disponible dans le Panorama des licences sportives 2016-2025.


