La santé d’abord, dans un pays qui doute
Le baromètre Ifop-Fiducial de rentrée est sans ambiguïté : 86 % des Français placent la santé en tête de leurs priorités, devant l’inflation (78 %) et l’éducation (75 %) — une domination ininterrompue depuis 2019. Le reste du tableau est plus sombre : 18 % d’optimistes, 82 % de pessimistes, le point le plus bas de la série hors dissolution.
Ça tombe bien : le gouvernement veut nous faire bouger
« Septembre Bouge » a été lancé le 3 septembre à Villeneuve-d’Ascq, en présence de la ministre des Sports Marina Ferrari. Dix-huit villes-étapes, 589 Maisons Sport-Santé, plus de 4 000 événements recensés, la Fête du sport le 14 septembre à Marseille. Mot d’ordre : 30 minutes par jour. Les chiffres qui justifient la campagne restent lourds : 38 000 décès évitables par an, 140 milliards d’euros de coût social, 95 % des adultes exposés. Un cadre, un calendrier, une fenêtre à saisir pour les collectivités et les clubs.
Sauf que le décrochage se joue ailleurs
Une tournée passe, la pratique reste. Le sport français ne vieillit pas, il se creuse par le milieu, et le pays se partage désormais entre celui qui pratique et celui qui décroche. Dix départements perdent des licences en valeur absolue quand la France progresse de 12,25 %. La variable qui les distingue, c’est le sport scolaire : la perte y est imputable en totalité aux fédérations scolaires. Autrement dit, dans ces départements, le levier n’est pas la promotion de l’activité physique : c’est l’école.
L’insertion prend forme
Annoncée dans notre précédente quinzaine, elle existe : la Fondation Insertion – Jeunes par le Sport a été créée. Un porteur, une cible, une date. Reste à ce qu’elle atterrisse dans les territoires qui en ont le plus besoin — t les mêmes que ci-dessus ?
Qui décide, qui paie ?
Le scénario 4 de notre série #Présidentielle2027 en tire la conséquence : reconnaître celui qui paie. Régions et intercommunalités chefs de file du développement, conférences régionales du sport et des financeurs comme lieu de décision, part de la taxe sur les droits de diffusion et les paris sportifs affectée directement, sans écrêtement, avec une clé fondée sur le besoin et non sur le rendement. L’État reste garant et péréquateur. En écho, l’avertissement de Patrick Roult : « nous avons construit un système de conformité et nous l’avons pris pour un système de protection ». Empiler les procédures n’a jamais tenu lieu de politique publique.
Le climat, de l’empreinte à la refondation
Autre enseignement du sondage Ifop : la protection de l’environnement gagne 19 points en un an, à 64 %. Le sport commence à s’outiller — l’UEFA publie un guide de mesure de l’empreinte carbone des déplacements de supporters. Mais François Bellanger pose la question d’un cran au-dessus : et si le réchauffement climatique ne se contentait pas d’impacter le sport, mais le refaçonnait de fond en comble ? Mesurer son empreinte, c’est une chose ; imaginer des pratiques, des saisons et des équipements différents en est une autre.
Et pour décider : mesurer
La cartographie du RES à la demande permet de visualiser le parc d’équipements, de la France entière à votre commune. Et la boîte à outils des décideurs du sport en compte désormais dix, tous gratuits.En fil rouge de cette quinzaine : on demande aux Français de bouger trente minutes par jour dans un pays où la pratique encadrée recule département par département, faute d’école et faute de compétence clairement attribuée. Le sport-santé ne se décrète pas depuis une tournée — il s’organise, se finance et se mesure là où il se pratique.Nous y reviendrons, bien sûr !
Bonne lecture ! Patrick Bayeux.


