Paris 2024 : le bilan sécuritaire entre coût public et héritage technologique par Christophe Durand et Dominique Bodin
Deux ans après les Jeux, plusieurs rapports dressent le bilan d’un dispositif conçu selon une approche « zéro risque ».
La sécurisation de l’événement a mobilisé des moyens humains, financiers et technologiques exceptionnels.
L’heure est désormais aux choix sur la pérennisation de certaines mesures expérimentales selon Christophe Durand Professeur des Universités, Université de Caen Normandie Dominique Bodin et Professeur des universités en sociologie, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC) dans un article publié dans the conversation
Une sécurisation publique à plus d’un milliard d’euros
Le coût public de la sécurité est évalué à 1,163 milliard d’euros sur la période 2022-2025, tandis que la Cour des comptes retient 1,7 milliard en intégrant notamment la sécurité privée et certaines dépenses indirectes.
Le dispositif a mobilisé 17 000 agents de sécurité privée, jusqu’à 22 000 lors des trois journées les plus importantes, et permis le criblage de plus d’un million de demandes d’accréditation.
Ces dépenses n’ont pas été facturées au comité d’organisation, conformément à la convention conclue entre l’État, le Cojop et le CIO.
Un héritage technologique encore encadré
L’expérimentation de la vidéosurveillance algorithmique sur 485 caméras a produit un apport technique limité, sans permettre de conclusion définitive sur son opportunité.
Son maintien est recommandé, malgré les réserves exprimées par la CNCDH au regard des libertés fondamentales, tandis que le recours à la sécurité privée, aux drones et au criblage systématique devrait continuer à progresser.
En revanche, les données biométriques et la reconnaissance faciale restent interdites en France, y compris à titre expérimental.


