Les « Décideurs du sport professionnel » parlent d’une seule voix avant l’examen de la loi
À quelques jours de l’examen en séance publique de la proposition de loi sur l’organisation, la gestion et le financement du sport professionnel, un front commun inédit s’est constitué. Ligues professionnelles, clubs, sportifs, entraîneurs et employeurs présentent dans un communiqué une plateforme commune pour défendre une réforme qu’ils souhaitent « ambitieuse, équilibrée et opérationnelle ».
Une mobilisation inédite pour peser sur le débat parlementaire
C’est une première dans l’histoire du sport professionnel français. L’Association nationale des ligues de sport professionnel (ANLSP), la Fédération des entraîneurs professionnels (FEP), la Fédération nationale des associations et syndicats de sportifs (FNASS) et UNIPROS ont décidé de porter une position commune avant l’examen de la proposition de loi prévu le 29 juin à l’Assemblée nationale. Ensemble, ces organisations représentent près de 200 clubs et équipes cyclistes professionnelles, 8 000 sportives et sportifs, 1 500 entraîneurs et membres de staff et près de 20 millions de spectateurs chaque année. Si elles saluent les avancées du texte en matière de lutte contre le piratage, de transparence, d’éthique, de représentation des acteurs ou encore de développement du sport féminin, elles estiment que plusieurs dispositions doivent encore être corrigées afin de préserver l’équilibre économique du modèle français.
Six priorités pour consolider le modèle français
Les signataires formulent six propositions.
- La première vise à renforcer l’arsenal juridique de lutte contre le piratage audiovisuel, considéré comme un enjeu vital pour le financement du sport.
- La deuxième demande de conforter le rôle de l’État comme garant de l’intérêt général, notamment en lui donnant un pouvoir d’arbitrage dans les relations entre fédérations et ligues professionnelles.
- La troisième souhaite garantir une représentation effective des sportifs et des entraîneurs, avec voix délibérative, au sein des instances des fédérations délégataires.
- La quatrième entend renforcer la transparence et la régulation, en particulier grâce à un contrôle financier accru des agents sportifs.
- La cinquième vise à préserver le financement et la compétitivité du sport français en supprimant les dispositions qui fragiliseraient la valeur des droits audiovisuels, mais aussi le plafonnement uniforme de la masse salariale des clubs à 65 % de leur budget, jugé inadapté aux réalités des différentes disciplines.
- Enfin, la sixième appelle à clarifier les responsabilités entre les différents acteurs afin de garantir une gouvernance plus efficace, tout en préservant l’indépendance des organes de contrôle.


