La quinzaine des décideurs du sport du 20  octobre au 2 novembre

Une loi, des livrets ministériels, un programme de gymnase : cette quinzaine, plusieurs textes ont fixé des cadres. Plusieurs retours de terrain en ont montré les angles morts, qu’il s’agisse d’une salle exposée à la canicule, d’enfants moins actifs le week-end ou de licences qui ne comptent pas des personnes. Une politique sportive se juge aussi à ce qu’elle observe une fois la décision prise.

Gouvernance : expérimenter, ouvrir, impliquer

La loi 2026-992 du 26 octobre 2026 ouvre l’expérimentation d’une gouvernance territoriale unifiée pour le CREPS de Vichy jusqu’au 30 juin 2033. Vichy Communauté y prend une place renforcée : elle conserve la charge des infrastructures et des personnels qu’elle affecte au CREPS. Un comité d’évaluation remettra son rapport au Parlement avant fin 2032.

Shems El Khalfaoui, élu chargé des politiques sportives à Saint-Denis de 2020 à 2026, appelle à démocratiser la pratique, mais aussi le pouvoir de décider. Il propose d’associer les habitants, pratiquants ou non, à la réflexion sur l’avenir du sport.

À l’échelle mondiale, Kirsty Coventry place l’expérience des athlètes au cœur de l’avenir olympique. Avec « Fit for the Future », elle veut leur donner une réelle influence dans les décisions du CIO.

Dans les deux nouveaux livrets du ministère sur le bénévolat, Patrick Roult relève beaucoup de « je » et demande où est le « nous ». Il interroge : qui portera la continuité des clubs et assumera les responsabilités dans la durée ?

Côté sport professionnel, François Lhospitalier se demande si la loi du 3 août 2026 répond vraiment à la crise de modèle économique.

Présidentielle 2027 : partir de ce qui existe

Le débat sur les rythmes scolaires revient. Nos données montrent que, chez les 10-14 ans, la France compte déjà près de 100 licences pour 100 jeunes. Une licence n’est toutefois pas une personne. Les écarts restent nets : 112,7 licences pour 100 garçons contre 81,9 pour 100 filles. Une réforme devra s’appuyer sur les pratiques existantes et atteindre d’abord les enfants qui en restent éloignés.

Notre nouveau panorama ouvre un autre chantier de la campagne : faut-il être inquiet pour la haute performance française ?

Valentin Guéry, maître de conférences à Paris Nanterre, analyse les usages du sport par le Rassemblement national. Il distingue les discours identitaires au niveau national et la proximité avec les clubs à l’échelle municipale.

Ces contributions prolongent notre série #Présidentielle2027, engagée en mai. Elle a proposé une analyse comparative mondiale des modèles de gouvernance, puis un retour sur les promesses faites au sport lors de quatre campagnes. Elle a ensuite exploré cinq scénarios, réunis dans une synthèse, avant de poser la question : le sport a-t-il toutes les cartes en main ?


Pratiquer : le coût et l’envie

Selon l’étude OpinionWay pour INTERSPORT, le coût du sport est le premier frein à la pratique pour 46 % des Français. Sept familles sur dix feront des sacrifices budgétaires pour que leurs enfants puissent pratiquer.

Le prix n’explique pas tout. À Avrillé, une étude menée auprès de 359 élèves de CM2 révèle que des enfants motivés et compétents bougent moins les jours sans école. Pour Marc de Singly, la question devient très concrète : que propose-t-on aux familles le week-end ?

Pour Pierre-Antoine Molina, le bonheur partagé est au cœur des politiques sportives. Le délégué interministériel cite une étude d’impact, encore non publiée, qui constate une progression des licenciés après Paris 2024, sans explosion.

Équipements et ville : la performance rencontre les usages

À Dijon, le gymnase de l’ARSENAL conjugue exemplarité environnementale et défi de la canicule. Classé E3 C2, il a coûté 4,85 % de moins que l’enveloppe prévisionnelle. Son premier été montre pourtant les limites du rafraîchissement passif. La Ville pose l’arbitrage : « soit on produit du froid, soit on questionne les usages ».

Les usages évoluent aussi. Avec Hyrox et World Triathlon, le sport hybride s’institutionnalise, ce qui interroge la modularité des équipements.

François Bellanger propose enfin une trilogie pour penser la ville autrement à partir du sport. La collectivité y garantit les conditions d’accès et laisse les pratiques libres.

La série Panorama s’enrichit et se poursuit

Après les licences sportives 2016-2025, dont le 18ᵉ volet est consacré au para-sport, la série s’ouvre à de nouveaux champs :

  • la haute performance, avec ses enjeux et les athlètes visés ;
  • les formations aux métiers du sport, entre diplômes, titres et CQP ;
  • les équipements sportifs, sous l’angle des temps d’accès et des zones blanches ;
  • les piscines, à commencer par la mesure des surfaces de plan d’eau.

 À l’approche de 2027, il est plus que nécessaire de dépasser les idées reçues et d’éclairer les angles morts : c’est la connaissance des données qui donnera du poids aux engagements.

Bonne lecture ! 


Patrick Bayeux.

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Patrick Bayeux

Consultant, Enseignant chercheur, Docteur en sciences de gestion.

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