Décrochage sportif des jeunes : passer de l’accès à la fidélisation
Si de nombreux jeunes commencent une activité sportive, beaucoup l’abandonnent à l’adolescence constante Maxime Travert Professeur des universités en STAPS, Aix-Marseille Université (AMU) dans the conversation Les politiques publiques intègrent désormais les notions de décrochage, de fidélisation et de pratique durable. Mais leurs moyens restent encore principalement consacrés à l’inscription, plutôt qu’à la transformation de l’expérience proposée dans les clubs.
Prévenir l’abandon plutôt que multiplier les inscriptions
Une étude menée auprès de 1 149 adolescents montre que 64,5 % pratiquent régulièrement un sport, tandis que 28,1 % sont d’anciens pratiquants et seulement 4,6 % ne se sont jamais engagés régulièrement. Sans les abandons, la participation dépasserait donc 90 %. Les dispositifs publics, comme les deux heures de sport supplémentaires au collège ou le pass Sport, affichent désormais une volonté de fidélisation. Ils continuent néanmoins à agir surtout sur l’accès à la pratique et à mesurer les entrées et les sorties, sans réellement analyser les causes du décrochage.
Transformer l’expérience proposée par les clubs
La continuité de la pratique dépend notamment du rapport aux autres, du sentiment de compétence et de la manière dont les jeunes vivent les contraintes sportives. La comparaison permanente, la sélection précoce ou des exigences dépourvues de sens peuvent favoriser l’abandon. Une politique de rétention suppose donc des pratiques modulables et inclusives, des compétitions variées, des horaires compatibles avec la vie scolaire et la possibilité de revenir après une interruption. Elle doit aussi associer les adolescents aux activités proposées et évaluer leur plaisir, leur confiance ainsi que leurs motifs de départ.


