#Présidentielle2027 – Sport après l’école : chez les 10–14 ans, déjà près de 100 licences pour 100 jeunes
Chez les 10–14 ans, la France compte environ 4,14 millions de licences sportives pour 4,24 millions de jeunes. À l’heure où l’aménagement des rythmes scolaires revient dans le débat, cette donnée mérite d’être examinée. Une nouvelle organisation doit s’appuyer sur les pratiques existantes et mieux atteindre les enfants qui en restent éloignés.
La réception des organisations lycéennes par Emmanuel Macron, annoncée pour ce vendredi 23 octobre à 15 heures par franceinfo, remet les conditions de vie et d’apprentissage des jeunes dans l’actualité. Elle offre aussi l’occasion de rouvrir un débat récurrent : l’organisation des journées scolaires et la place du sport et de la culture dans les temps de l’enfant.
La Convention citoyenne organisée par le CESE avait déjà travaillé sur cette articulation. Ses propositions ont été renvoyées à un horizon politique plus lointain : dans une réponse parlementaire publiée le 17 mars 2026, le gouvernement excluait une application dès la rentrée 2026 et inscrivait ces réflexions dans les débats préparatoires à la présidentielle de 2027.

Le sport fait déjà partie de la vie des 5–14 ans
Dans sa contribution à la Convention, le CNOSF proposait une fin des cours à 16 heures pour tous, afin de dégager des créneaux sportifs et culturels, en s’appuyant notamment sur les clubs et le sport scolaire. Une proposition présentée dans Décideurs du Sport en octobre 2025.
Avant de concevoir cette nouvelle organisation, il faut regarder les pratiques existantes. L’exploitation du fichier départemental de licences 2025, sur le périmètre de la métropole et des cinq départements d’outre-mer, donne les résultats suivants :
| Tranche d’âge | Nombre de garçons | Licences garçons | Nombre de filles | Licences filles | Total enfants | Total licences |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 5–9 ans | 1 966 672 | 1 838 738 | 1 868 332 | 1 290 595 | 3 835 004 | 3 129 333 |
| 10–14 ans | 2 170 510 | 2 447 202 | 2 072 224 | 1 697 178 | 4 242 734 | 4 144 380 |
| 5–14 ans | 4 137 182 | 4 285 940 | 3 940 556 | 2 987 773 | 8 077 738 | 7 273 713 |
Champ : métropole et cinq DOM, Mayotte comprise. Sources : population Insee ; licences 2025 du ministère chargé des Sports. Une même personne peut détenir plusieurs licences.
Ces volumes témoignent de la place du mouvement sportif dans la vie des enfants. Ils invitent à penser les relations entre l’école, les clubs, les associations scolaires et les collectivités à partir de ce qui fonctionne déjà.
Des licences nombreuses, mais des situations très différentes
Une précision est indispensable : une licence n’est pas une personne distincte. Un enfant inscrit dans un club peut également détenir une licence de sport scolaire, voire pratiquer dans plusieurs fédérations. Les données ne permettent donc pas d’affirmer que la quasi-totalité des 10–14 ans est licenciée.
Elles mettent en revanche en évidence deux différences majeures.
La première concerne les filles et les garçons. Rapportées à la population Insee de référence du fichier, les licences représentent, chez les 10–14 ans, 112,7 licences pour 100 garçons, contre 81,9 pour 100 filles. Chez les 5–9 ans, ces valeurs sont respectivement de 93,5 et 69,1. Ce sont des densités de licences, pas des taux de participation individuels.
La seconde différence est territoriale. Les niveaux de licences varient fortement d’un département à l’autre. Une réforme nationale devra donc tenir compte de situations locales contrastées : pratiques déjà développées, accès aux équipements, déplacements et capacité d’encadrement.
Application 1 — Comparer les départements : taux de licences des garçons et des filles, effectifs et population de référence
Le rôle des fédérations change la lecture
Le sport scolaire occupe une place importante dans ces chiffres. Parmi les 5–14 ans, l’UNSS représente 825 490 licences, l’UGSEL 820 926 et l’USEP 579 918. Le football arrive en tête du classement fédéral avec 1 078 735 licences, garçons et filles réunis.
Ces effectifs ne s’additionnent pas pour constituer un nombre d’enfants différents. Ils montrent toutefois que la discussion sur les rythmes scolaires concerne directement un ensemble d’acteurs déjà engagés auprès de ces publics.
L’examen fédération par fédération permet aussi de dépasser une moyenne qui rassemble des pratiques très différentes. Les équilibres filles-garçons et la présence territoriale doivent être observés pour chaque discipline.
Application 2 — Explorer les diagrammes départementaux avec un filtre par fédération
Définir ce qu’une nouvelle organisation doit apporter
Proposer davantage de sport et de culture après la classe suppose de préciser les effets recherchés : accueillir des enfants qui ne pratiquent pas, faciliter les déplacements, déplacer des séances existantes ou élargir les activités proposées.
C’est sans doute le moment de remettre le Pass APS sur la table ! « Un pass’APS numérique universel dont le numéro serait donné à vie à partir de l’entrée à l’école. Ce pass universel permettrait de stocker toute la vie sportive de son titulaire, que ce soit en tant que pratiquant, en tant qu’éducateur, en tant que bénévole. Figureraient également les résultats sportifs, le suivi médical, les formations, qualifications diplômes, l’expérience professionnelle, les activités bénévoles, mais aussi les performance, les tests de conditions physique (qui seraient généralisés) … » La pass’APS qui permettrait réellement de connaitre les doubles voire triple licence qui faussent toute l’analyse.
A lire
L’ordre de grandeur financier mérite également d’être posé. Dans notre simulation, accueillir les quelque 8,09 millions de 5–14 ans deux heures par jour, quatre jours par semaine pendant 33 semaines, avec un éducateur pour 15 enfants rémunéré 30 € de l’heure en salaire chargé, représente 4,27 milliards d’euros annuels d’encadrement.
Ce scénario théorique ne déduit aucune pratique existante. Il n’intègre ni locaux, ni matériel, ni transports, ni préparation ou coordination.
La réussite d’une improbable réforme dans le contexte actuel dépendra toutefois de sa capacité à articuler les pratiques existantes et à ouvrir des possibilités aux enfants qui en bénéficient le moins. Cela demande un diagnostic territorial, une coopération avec les acteurs sportifs et culturels et des moyens clairement identifiés.
Sources : Insee, France, portrait social 2025, ; ministère chargé des Sports, jeu de données lics_dep_age_sexe, extraction 2025 fournie. Calculs sur les 101 départements ; étranger, collectivités d’outre-mer hors DOM et département non renseigné exclus.


