Eurobaromètre sport et activité physique 2026 : la part des Français qui ne font jamais de sport passe de 45 % à 36 %

En 2022, 45 % des Français déclaraient ne jamais faire de sport ou d’exercice physique. Au printemps 2026, ils sont 36 %, soit 9 points de moins. La baisse est plus forte que dans l’ensemble de l’Union européenne (-6 points, à 39 %). La France passe sous la moyenne européenne mais reste en milieu de classement : neuf États membres comptent une part de non-pratiquants plus élevée, seize une part plus faible. L’enquête fait aussi apparaître des traits propres à la France : la place du club, une dépense faible des ménages, une moindre activité physique au quotidien.

L’essentiel 36 % de « jamais » (-9 points depuis 2022), contre 39 % dans l’UE27 (-6 points). Seuls six États membres enregistrent une baisse plus forte.51 % pratiquent au moins plusieurs fois par semaine (47 % dans l’UE). La hausse porte surtout sur la pratique « 1 à 2 fois par semaine » : 28 %, +7 points.Une pratique moins longue : 29 % des pratiquants font 3 heures ou plus de sport par semaine, contre 32 % dans l’UE.Le club plutôt que la salle : 19 % des pratiquants pratiquent en club (12 % dans l’UE, 2e rang européen), 11 % en salle de fitness (19 % dans l’UE).Une dépense faible : 82 % des pratiquants dépensent moins de 50 € par mois (75 % dans l’UE).De forts écarts sociaux : 18 % des cadres ne pratiquent jamais, contre 37 % des ouvriers et 54 % des retraités.

1. Un recul de la non-pratique plus marqué qu’en Europe

L’Eurobaromètre spécial 574, réalisé pour la Commission européenne du 9 avril au 4 mai 2026, mesure la fréquence à laquelle les Européens font du sport ou de l’exercice physique, c’est-à-dire une activité pratiquée dans un contexte ou une infrastructure sportive (natation, salle, club, marche rapide, course à pied). La précédente vague date d’avril-mai 2022 (Eurobaromètre spécial 525).

FréquenceFrance 2026Évol. 2022-2026UE27 2026Évol. 2022-2026
Presque quotidienne9 %+19 %+3
Plusieurs fois par semaine42 %+838 %+6
Occasionnellement13 %=14 %-3
Jamais36 %-939 %-6
Ne sait pas0 %=0 %=

Tableau 1 — « À quelle fréquence faites-vous du sport ou de l’exercice physique ? », en % de l’ensemble des personnes interrogées ; évolution en points. Source : Commission européenne, Eurobaromètre spécial 574, avril-mai 2026, annexe de données, QB1R, p. 2 ; fiche France, p. 1.

Avec 36 % de non-pratiquants, la France est à égalité avec l’Espagne au 10e rang des 27 pays pour la part de « jamais ». Les niveaux les plus élevés sont relevés au Portugal (68 %), en Grèce et en Roumanie (66 % chacun) et en Pologne (61 %) ; les plus faibles en Finlande (8 %), en Suède (10 %), au Danemark (12 %) et aux Pays-Bas (13 %) (annexe, QB1R, p. 2).

Graphique 1 — Part des personnes qui ne font jamais de sport ou d’exercice physique, par État membre (QB1R, %). © Union européenne, 2026. Source : Commission européenne, Eurobaromètre spécial 574, avril-mai 2026, rapport, p. 12 (graphique reproduit tel que publié).

Le recul français (-9 points) est le septième plus important de l’Union, à égalité avec la Slovaquie. Il n’est dépassé qu’à Chypre (-15), en Hongrie (-13), aux Pays-Bas (-12), en Estonie, en Espagne et en Italie (-11 chacun) (annexe, QB1R, p. 2).

2. Une pratique plus régulière, pas plus longue

La progression de la pratique régulière se concentre sur la fréquence la plus basse. La part des Français qui font du sport 1 à 2 fois par semaine passe à 28 % (+7 points), contre 22 % dans l’UE ; seuls les Pays-Bas (31 %) et le Danemark (30 %) sont au-dessus, la Finlande est au même niveau. La pratique 3 à 4 fois par semaine (14 %, +1 point) et 5 fois ou plus (9 %, +1 point) évolue peu (annexe, QB1, p. 1).

La durée suit le même profil. Parmi les Français qui font du sport, 26 % y consacrent moins d’une heure par semaine, 44 % de 1 heure à 2 h 59 et 29 % 3 heures ou plus. Dans l’UE, ces parts sont respectivement de 25 %, 42 % et 32 % ; la France se classe 16e sur 27 pour la pratique de 3 heures ou plus, loin de l’Irlande et de la Finlande (50 % chacune) (annexe, QB1bR, p. 4).

L’activité physique hors sport (déplacements, loisirs comme la danse, jardinage) a fortement progressé en fréquence : 36 % des Français en ont une presque quotidienne (+20 points) et 12 % n’en ont jamais (-15 points) (annexe, QB2R, p. 6). Mais le temps qui y est consacré reste faible : 29 % des Français concernés y passent 3 heures ou plus par semaine, contre 38 % dans l’UE, ce qui place la France au 20e rang (annexe, QB2bR, p. 8).

Enfin, 45 % des Français déclarent rester assis 5 h 30 ou plus au cours d’une journée normale, contre 43 % dans l’UE (annexe, QB4R, p. 14).

3. Le club, la nature, peu la salle

Interrogés sur les lieux de leur pratique, les Français pratiquants citent d’abord les parcs et le plein air (49 %, +8 points), puis les trajets (30 %, +14 points), le domicile (27 %) et le club de sport (19 %, +3 points). La salle de fitness n’est citée que par 11 % d’entre eux (annexe, QB5, p. 15).

Lieu de pratiqueFranceUE27Rang France /27
Parc, plein air49 %47 %11e
Trajet domicile-école, travail ou magasins30 %37 %22e
Domicile27 %33 %22e
Club de sport19 %12 %2e
Centre de fitness, salle de sport11 %19 %22e
Travail7 %9 %—
Centre sportif5 %8 %—
École ou université4 %4 %—

Tableau 2 — « Où faites-vous du sport, de l’exercice ou une autre activité physique ? » (plusieurs réponses possibles), en % des personnes pratiquant un sport ou une activité physique. Rang : position de la France du niveau le plus élevé (1er) au plus faible (27e). Source : Commission européenne, Eurobaromètre spécial 574, avril-mai 2026, annexe de données, QB5, p. 15 ; fiche France, p. 2.

La même orientation se retrouve dans l’adhésion : 22 % des pratiquants français sont membres d’un club de sport (16 % dans l’UE), 10 % d’un centre de fitness (21 % dans l’UE) (annexe, QB10, p. 27). Elle s’accompagne d’une dépense limitée : 82 % des pratiquants dépensent moins de 50 € par mois pour leur activité, dont 58 % moins de 20 € ; seuls la Hongrie (84 %) et la Slovaquie (83 %) font apparaître une part plus élevée sous 50 € (annexe, QB11, p. 28, et QB11R, p. 29). Ces trois points font l’objet du deuxième article de la série.

4. Se détendre d’abord, le temps comme premier frein

Les pratiquants français déclarent faire du sport ou de l’activité physique d’abord pour se détendre (48 %, contre 39 % dans l’UE), puis pour leur santé physique (45 % ; UE 44 %), pour se déplacer (29 %) et pour leur santé mentale (28 %). Seuls la Slovénie (63 %), Chypre (62 %) et les Pays-Bas (50 %) citent plus souvent la détente. L’amélioration de la performance physique (18 %, contre 30 %) et l’amusement (16 %, contre 23 %) sont moins cités qu’ailleurs (annexe, QB6, p. 17-18 ; fiche France, p. 3).

Graphique 2 — Raisons de faire de l’exercice, du sport ou de l’activité physique, UE27 et France (QB6, plusieurs réponses, % des pratiquants). © Union européenne, 2026. Source : Commission européenne, Eurobaromètre spécial 574, avril-mai 2026, fiche France, p. 3 (graphique reproduit tel que publié).

Parmi les raisons de ne pas pratiquer plus régulièrement, le manque de temps arrive en tête (33 %, -4 points ; UE 37 %), devant le manque de motivation (25 % ; UE 26 %), les problèmes de santé ou blessures (15 % ; UE 15 %) et le coût (13 %, +2 points ; UE 12 %). L’absence d’infrastructures adaptées ou accessibles près de chez soi n’est citée que par 3 % des Français, contre 7 % dans l’UE ; seul le Danemark affiche une part plus faible (annexe, QB9, p. 25-26).

5. Des écarts selon l’âge et la catégorie sociale

La fiche France détaille la part de non-pratiquants par sous-groupe. Elle est de 33 % chez les hommes et 38 % chez les femmes. Elle atteint 72 % chez les hommes et 71 % chez les femmes de 75 ans et plus, contre 16 % et 14 % chez les 15-24 ans. Elle est de 18 % chez les cadres et dirigeants et de 19 % chez les indépendants, de 34 % chez les autres employés, 37 % chez les ouvriers, 54 % chez les retraités et 67 % chez les hommes et femmes au foyer (fiche France, p. 1). Ces résultats portent sur des effectifs réduits et sont développés dans le troisième article.

Graphique 3 — Fréquence de pratique, UE27 (anneau extérieur) et France (anneau intérieur), et part des « jamais » par sexe, âge et catégorie socioprofessionnelle (QB1, %). © Union européenne, 2026. Source : Commission européenne, Eurobaromètre spécial 574, avril-mai 2026, fiche France, p. 1 (graphique reproduit tel que publié).

6. Une offre locale jugée favorable

83 % des Français estiment que leur région offre de nombreuses possibilités d’être physiquement actif (UE 76 %) et 84 % le disent des clubs sportifs et autres centres (+9 points ; UE 77 %) (annexe, QB8.1, p. 22, et QB8.2, p. 23). 38 % considèrent que les pouvoirs locaux n’en font pas assez pour les citoyens dans ce domaine (+7 points), contre 47 % dans l’UE ; 50 % sont d’un avis contraire (annexe, QB8.3, p. 24).

L’appréciation de l’aménagement pour la mobilité active est plus réservée : 76 % jugent adéquate la praticabilité piétonne de leur quartier (UE 80 %), 63 % sa cyclabilité (UE 71 %) et 41 % son accessibilité en fauteuil roulant (UE 53 %) (annexe, QB12.1 à QB12.3, p. 30-32).

7. Place du sport, bénévolat, égalité et environnement

58 % des Français déclarent que le sport joue un rôle important dans leur vie, comme pratiquant, spectateur, supporter ou autrement (UE 55 %) (annexe, QBSD, p. 43). 95 % estiment que l’activité physique contribue à améliorer la santé mentale et 89 % qu’elle est importante pour créer des liens dans une communauté (annexe, QB7.1 et QB7.2, p. 19-20).

L’engagement bénévole est en revanche inférieur à la moyenne : 6 % des Français exercent une activité bénévole dans le sport et 2 % prévoient de le faire dans les deux mois, soit 8 % au total contre 11 % dans l’UE ; 78 % ne l’ont jamais fait et ne le prévoient pas (UE 72 %) (annexe, QB17, p. 42).

Sur l’égalité femmes-hommes et l’environnement, les réponses françaises sont au-dessus de la moyenne : 86 % jugent que la violence de genre dans le sport mérite plus d’attention (+13 points ; UE 78 %), 71 % apprécient autant suivre le sport féminin que masculin dans les médias (+9 points ; UE 63 %) et 29 % des pratiquants accordent beaucoup d’attention à l’impact environnemental de leur pratique (UE 24 %) (annexe, QB16.3, p. 41, QB16.2, p. 40, et QB13, p. 33). Ces thèmes font l’objet du quatrième article.

La série

  • Article 2 — Le club, trait distinctif de la pratique sportive en France : lieux, adhésion, dépense des ménages, offre locale et bénévolat.
  • Article 3 — Pratique sportive : des écarts sociaux marqués et une mobilité active en retrait.
  • Article 4 — Égalité et environnement : des Français plus attentifs que la moyenne européenne.

Méthode et sources

Commission européenne (DG EAC, coordination DG COMM), Eurobaromètre spécial 574 « Sport et activité physique », vague 105.3, réalisé par Verian du 9 avril au 4 mai 2026 auprès de 26 421 personnes de 15 ans et plus dans les 27 États membres, en face-à-face (à domicile ou par vidéo dans six pays). France : 1 016 entretiens réalisés par MCM France du 9 au 28 avril 2026. Évolutions : comparaison avec l’Eurobaromètre spécial 525 (avril-mai 2022). Documents : annexe de données (version française), fiche pays France, rapport et rapport de synthèse (versions anglaises). Les résultats sont déclaratifs ; avec environ 1 000 entretiens par pays, les écarts de 1 à 2 points sont à interpréter avec prudence. Rangs : traitement Prospective Sport Lab à partir des tableaux par pays de l’annexe de données. https://europa.eu/eurobarometer/surveys/detail/3685

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Patrick Bayeux

Consultant, Enseignant chercheur, Docteur en sciences de gestion.

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