Endurance des collégiens : un niveau préoccupant à interpréter avec prudence

À l’automne 2025, près de 270 000 élèves de sixième ont participé à la première évaluation nationale de leur condition physique. Les résultats révèlent une endurance globalement faible, dans un contexte de recul de l’activité physique chez les jeunes. Mais le test utilisé ne mesure pas uniquement leurs capacités cardio-respiratoires et doit être interprété avec précaution selon cet article de Olivier Rey Maître de conférences en Sciences du Sport, Aix-Marseille Université (AMU) et Caroline Nicol Professeur des universités en Sciences du Sport, Aix-Marseille Université (AMU) dans the conversation.

Une endurance globalement faible

Lors du test Navette, qui consiste à courir entre deux lignes au rythme de signaux sonores de plus en plus rapides, les élèves ont atteint en moyenne 2,8 paliers, soit une vitesse maximale aérobie estimée à moins de 10,3 km/h. Près d’un collégien sur cinq n’a pas terminé le premier palier, couru à 8,5 km/h. Cette faible endurance s’inscrit dans une tendance observée depuis plusieurs décennies, parallèlement à l’augmentation du temps d’écran, au recul des déplacements actifs et à une pratique physique moins régulière. Elle constitue un indicateur important, car une capacité aérobie limitée pendant l’enfance est associée à des risques accrus pour la santé à l’âge adulte.

Mesurer les besoins plutôt que classer les élèves

Le test Navette fournit cependant une estimation indirecte de la capacité aérobie, influencée notamment par la maturation, la masse corporelle, l’expérience sportive, la technique de course, la motivation et les conditions de passation. Les comparaisons avec les références européennes doivent également rester prudentes, le protocole français différant légèrement du protocole international. Cette première évaluation offre néanmoins une photographie représentative de la condition physique des élèves et pourra, si elle est répétée, permettre d’en suivre l’évolution et d’identifier les inégalités territoriales. À l’école, l’objectif n’est pas de réduire la santé à un score, mais d’adapter les pratiques, d’accompagner les progrès et de favoriser un engagement durable dans l’activité physique.

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Patrick Bayeux

Consultant, Enseignant chercheur, Docteur en sciences de gestion.

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