Affaire « Fifa Forward Enterprise » : et si Gianni Infantino avait proposé un modèle coopératif ? par Fatima Bellaredj et Timothée Duverger
Face au rejet du projet « Fifa Forward Enterprise » par plusieurs fédérations internationales, Fatima Bellaredj et Timothée Duverger dénoncent les dérives de la financiarisation du football. Ils plaident pour une troisième voie issue de l’économie sociale et solidaire (ESS), plaçant l’intérêt général et le lien social au cœur du modèle sportif. L’adoption de structures coopératives comme les Scic permettrait d’allier gouvernance démocratique et pérennité économique face au déclin des subventions publiques.
L’économie sociale et solidaire comme alternative au foot business
Le rejet de la filiale commerciale de la FIFA illustre la volonté du monde sportif de préserver des valeurs fondatrices comme le mérite et le bien commun. L’économie sociale et solidaire offre une solution concrète en substituant la maximisation des profits par une lucrativité limitée et un réinvestissement des excédents. Ce modèle éprouvé s’appuie sur une gouvernance démocratique selon le principe « une personne = une voix », impliquant supporters, dirigeants et pouvoirs publics. En France, la Société coopérative d’intérêt collectif (Scic) incarne cette démarche, déjà adoptée par des clubs comme le SC Bastia ou le centre de formation du FC Sochaux-Montbéliard.
Une gouvernance démocratique pour pérenniser le sport professionnel
Face à la baisse des subventions publiques qui ne représentent plus que 23 % du budget des associations sportives, l’hybridation des ressources devient indispensable pour assurer leur autonomie. Alors que les dérives financières ont conduit des clubs historiques comme les Girondins de Bordeaux au bord de la liquidation, le modèle coopératif garantit un ancrage territorial durable et non délocalisable. Soutenu par le ministère des Sports et l’Agence nationale du sport, ce cadre juridique concilie performance économique et utilité sociale. Pour les auteurs, la généralisation de l’ESS au sport professionnel relève ainsi d’un choix politique collectif pour replacer l’humain avant la seule logique financière.
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