Faut-il désormais pratiquer près de 10 heures de sport par semaine pour vraiment protéger son cœur ?

Une nouvelle étude publiée dans le British Journal of Sports Medicine suggère que les bénéfices cardiovasculaires les plus importants ne seraient pas atteints avec les seuls 150 minutes hebdomadaires recommandées par les autorités sanitaires. Les chercheurs montrent qu’un volume beaucoup plus élevé d’activité physique pourrait être nécessaire pour réduire fortement les risques cardiovasculaires, notamment chez les personnes ayant une faible condition cardiorespiratoire.

Des bénéfices modestes avec les recommandations actuelles

L’étude analyse la relation entre le niveau de forme cardiorespiratoire, le volume d’activité physique hebdomadaire et la réduction du risque cardiovasculaire. Les chercheurs observent que les recommandations actuelles d’environ 150 minutes d’activité modérée par semaine permettent bien une diminution du risque, mais jugée relativement modeste. Les réductions les plus importantes des événements cardiovasculaires apparaissent chez les personnes atteignant environ 560 à 610 minutes hebdomadaires d’activité physique modérée à intense, soit près de 9 à 10 heures par semaine.

Une approche plus individualisée de l’activité physique

Les auteurs insistent toutefois sur une logique de progression et de relation dose-réponse : toute activité physique apporte déjà un bénéfice pour la santé cardiovasculaire. L’étude souligne également que les personnes présentant une faible capacité cardiorespiratoire doivent pratiquer davantage d’activité pour obtenir des bénéfices comparables à celles disposant déjà d’une bonne condition physique. Les résultats renforcent ainsi l’idée d’une approche plus individualisée des recommandations d’activité physique.

Points clés à retenir

  • Les 150 minutes hebdomadaires recommandées restent bénéfiques pour la santé cardiovasculaire.
  • Les bénéfices cardiovasculaires les plus élevés sont observés autour de 560 à 610 minutes d’activité physique par semaine.
  • L’étude met en évidence une relation dose-réponse : plus l’activité augmente, plus le risque cardiovasculaire diminue.
  • La condition cardiorespiratoire initiale joue un rôle majeur dans les bénéfices obtenus.
  • Les personnes les moins “fit” doivent pratiquer davantage d’activité pour atteindre un niveau de protection comparable.
  • L’étude ne conclut pas que pratiquer moins de 10 heures par semaine serait insuffisant, mais que des volumes plus élevés apportent des bénéfices supplémentaires.
  • Les événements cardiovasculaires étudiés incluent plusieurs pathologies : infarctus, AVC, insuffisance cardiaque, fibrillation atriale, etc.
  • Les auteurs plaident indirectement pour une personnalisation plus fine des recommandations d’activité physique.

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Patrick Bayeux

Consultant, Enseignant chercheur, Docteur en sciences de gestion.

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