Le Chaudron voit vert : Geoffroy-Guichard adopte une pelouse high-tech avec une technologie de subirrigation
Le mythique stade de l’ASSE fait peau neuve. Saint-Étienne Métropole a lancé un chantier spectaculaire pour reconstruire intégralement l’aire de jeu. Au programme : une nouvelle pelouse hybride et une technologie de subirrigation révolutionnaire permettant de diviser par deux la consommation d’eau.
C’est une petite révolution qui s’opère sous la terre du stade Geoffroy-Guichard. Pour les supporters, le premier acte s’est joué de manière symbolique : début juin, ils ont pu acheter un morceau de l’ancienne pelouse lors d’une vente solidaire au profit de l’association ASSE Cœur Vert. Mais derrière cette image nostalgique, les pelleteuses s’activent pour transformer radicalement la structure du terrain. Devenu moins poreux et plus fragile avec le temps, l’ancien substrat limitait le développement des racines et compliquait le travail des jardiniers. Dix semaines de travaux sont nécessaires pour installer un gazon hybride de nouvelle génération, renforcé par des fibres synthétiques injectées verticalement, capable de résister aux exigences du football professionnel.
Cependant, la véritable prouesse technique se cache un peu plus profondément.
La subirrigation : l’arrosage par le dessous
Jusqu’à présent, arroser un stade de football rimait avec de puissants jets d’eau en surface (l’aspersion), dont une partie s’évapore avant même d’atteindre le sol, surtout en été. Geoffroy-Guichard change de paradigme en devenant l’un des très rares stades de l’Hexagone à s’équiper d’un système de subirrigation.
Le principe ? L’eau ne tombe plus du ciel, elle remonte par les racines.
- Un circuit fermé ultra-performant : L’eau de pluie est collectée sur les toitures du stade puis stockée dans une immense cuve de 450 m3.
- Une diffusion capillaire : Ce réseau sous-terrain alimente la base de la pelouse selon ses besoins réels, maintenant une humidité constante au niveau des racines.
- L’oxygénation du sol : Ce système innovant permet également d’insuffler de l’air directement dans le substrat pour chasser l’excès d’humidité ou stimuler la plante.
A lire
Un double pari : écologique et économique
Dans un contexte de transition écologique et de restrictions hydriques répétées, cette modernisation répond à des impératifs environnementaux stricts.
Le chiffre clé : Selon les projections de Saint-Étienne Métropole, cette technologie va permettre d’économiser jusqu’à 50% d’eau par rapport à une gestion classique, tout en limitant drastiquement le recours à l’eau potable du réseau public.
Au-delà des économies financières évidentes sur la facture d’eau, cette méthode d’arrosage invisible présente un énorme avantage sanitaire pour le gazon. En évitant de mouiller constamment les brins d’herbe en surface, le système réduit considérablement l’humidité stagnante, qui est le terrain de jeu favori des champignons et des maladies. Moins de maladies signifie un besoin très largement inférieur en traitements phytosanitaires.
Combiné aux voiles d’ombrage géants testés l’an dernier pour abaisser la température du sol en été, le Chaudron confirme son statut de l’un des stades les plus écologiquement vertueux de France.
Les Verts et leurs supporters fouleront ce tout nouveau tapis high-tech dès la mi-août pour la reprise des championnats de la saison 2026-2027. Un écrin ultra-moderne, plus résistant et plus vert, au sens propre comme au figuré.
En savoir plus


