Laïcité à l’école : le Christ rédempteur sur un maillot de football n’est pas un signe religieux ostensible
La représentation d’un monument religieux sur un vêtement scolaire ne suffit pas à caractériser une atteinte à la laïcité.
Une note du 17 mars 2026 publiée dans Lettre n° 241 de la direction des affaires juridiques des ministères chargés de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace, des sports, de la jeunesse et de la vie associative de juillet 2026 analyse le maillot dans son contexte culturel et sportif.
Elle conclut que son port par un collégien ne contrevient pas à l’article L. 141-5-1 du code de l’éducation.
Un vêtement qui doit être apprécié dans son contexte
Le maillot représentait le Christ rédempteur, monument doté d’une incontestable connotation religieuse.
Mais son graphisme comportait également d’autres symboles culturels brésiliens, le drapeau national et des emblèmes sportifs.
La représentation du monument s’inscrivait ainsi dans une évocation plus générale du patrimoine culturel et artistique du Brésil.
Interrogé, l’élève avait par ailleurs expliqué qu’il souhaitait manifester son soutien à l’équipe nationale brésilienne de football.
Le vêtement ne manifestait donc pas, par lui-même, une appartenance religieuse de manière ostensible.
L’intention et le comportement de l’élève restent déterminants
La loi interdit les signes religieux ostensibles par nature, mais aussi ceux qui le deviennent en raison du comportement de l’élève.
Cette appréciation concrète permet notamment de distinguer une affirmation religieuse d’un usage culturel, artistique ou sportif.
En l’espèce, aucun comportement ou discours de l’élève ne révélait une volonté de revendiquer une appartenance religieuse.
La direction des affaires juridiques a donc estimé que le port du maillot pouvait être autorisé dans le collège public.
Cette analyse rappelle que la laïcité exige un examen circonstancié plutôt qu’une interdiction fondée sur la seule présence d’un symbole.


