Grand Prix de France au Castellet : plus de 102,9 M€ d’argent public pour un modèle économique jugé non soutenable
Dans un rapport d’observations définitives, la Chambre régionale des comptes Provence-Alpes-Côte d’Azur dresse un bilan sévère de l’organisation du Grand Prix de France de Formule 1 au Castellet entre 2018 et 2022. Elle met en évidence un modèle économique structurellement déficitaire, des défaillances de gouvernance et des retombées économiques insuffisamment démontrées, malgré quatre éditions ayant rencontré un succès de fréquentation.
Un modèle économique condamné dès son origine
Selon la Chambre régionale des comptes, les contrats conclus avec Formula One Management imposaient au GIP organisateur le versement d’une redevance annuelle de 23 millions de dollars tout en laissant au groupe britannique les recettes commerciales les plus rémunératrices, notamment les droits audiovisuels, la publicité et les hospitalités. La billetterie ne pouvait à elle seule couvrir le prix de plateau et les coûts d’organisation. Les collectivités ont ainsi versé 63,5 M€ de subventions d’exploitation, auxquels s’ajoutent 3,7 M€ de participation de l’État. Avec un passif net évalué à 35,7 M€ au 30 juin 2025, ce sont plus de 102,9 M€ d’argent public qui auront été mobilisés pour quatre Grands Prix.
Gouvernance défaillante et retombées économiques non démontrées
Le rapport pointe également plusieurs faiblesses de gouvernance. Les administrateurs ont validé des déficits importants sans que certaines modifications de la convention constitutive aient été approuvées par le préfet. La CRC relève également des marchés passés sans publicité ni mise en concurrence ainsi que le financement, sans information préalable des administrateurs, d’une étude portant sur un éventuel Grand Prix à Nice. Enfin, si le retour de la Formule 1 au Castellet a constitué un succès populaire, la Chambre estime que les retombées économiques avancées ne sont pas démontrées selon des méthodologies suffisamment robustes. Dissous depuis 2024, le GIP demeure aujourd’hui engagé dans une procédure de liquidation toujours en cours.


