Football européen : un géant économique confronté à l’accélération du streaming et du gaming

Avec plus de 30 milliards d’euros de revenus attendus en 2025, les clubs des premières divisions européennes confirment la puissance économique du football sur le continent. Mais derrière cette croissance impressionnante, une autre réalité apparaît explique Bruno BELGODÈRE dans cet article de FootUnis ; face au streaming, au jeu vidéo ou à la musique live, le football avance moins vite dans sa transformation numérique et dans sa capacité à monétiser ses audiences hors du jour de match.

Une décennie de croissance qui confirme la puissance économique du football européen

Le rapport UEFA European Club Finance and Investment Landscape 2025 met en évidence une progression spectaculaire des revenus des clubs européens, passés d’environ 17 milliards d’euros en 2016 à 28,6 milliards en 2024, avec un franchissement attendu des 30 milliards dès 2025. Droits TV, sponsoring, hospitalité premium, merchandising et compétitions européennes ont alimenté cette croissance continue, malgré l’interruption liée à la pandémie. Les cinq grands championnats concentrent toujours l’essentiel de la valeur, l’Angleterre dominant largement avec 7,4 milliards d’euros de revenus agrégés. Avec 240 millions de spectateurs dans les stades sur la saison 2024-2025, le football européen s’impose désormais comme la première industrie du divertissement en Europe en volume économique, devant le cinéma et au niveau des grands marchés du gaming ou du streaming.

Une transformation numérique plus lente que celle des autres industries du divertissement

La comparaison avec les autres secteurs du divertissement montre cependant un décalage croissant dans la vitesse de transformation des modèles économiques. Le streaming SVOD européen est passé d’environ 2 milliards d’euros à près de 24 milliards en quelques années, tandis que le marché européen du jeu vidéo pourrait dépasser durablement le football à horizon 2030 grâce à des rythmes de croissance beaucoup plus élevés. À l’inverse, le football reste encore largement dépendant de ses actifs physiques — stades, billetterie, hospitalité ou sponsoring — et sa monétisation demeure très concentrée autour du jour de match. Le véritable enjeu pour la prochaine décennie sera donc la capacité des clubs européens à créer des revenus numériques directement liés à leurs audiences mondiales, notamment à travers les plateformes, les données fans et les contenus digitaux, afin d’éviter que la valeur créée par le football soit principalement captée par les géants technologiques et les réseaux sociaux.

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Patrick Bayeux

Consultant, Enseignant chercheur, Docteur en sciences de gestion.

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