Lors d’une conférence au ministère des Armées et des Anciens combattants, acteurs institutionnels et experts ont mis en lumière la montée en puissance de l’esport et ses résonances avec les enjeux militaires contemporains. Entre industrie en croissance, pratique de masse et outil d’influence, l’esport s’impose comme un espace stratégique émergent.
Une pratique structurée, massive et investie par les armées
Longtemps perçu comme un loisir, l’esport constitue désormais une industrie en forte croissance, avec un marché mondial estimé à 2,4 milliards de dollars en 2024 et attendu à plus de 7 milliards en 2030. En France, près de 13 millions de joueurs participent à cet écosystème qui rassemble éditeurs, organisateurs, clubs et sponsors, et attire un public important, comme l’illustre la Gamers Assembly avec 2 000 joueurs et 40 000 spectateurs. Les armées s’inscrivent dans cette dynamique avec la structuration d’équipes comme Arkhè, la création d’associations, notamment dans l’armée de l’Air et de l’Espace, et l’organisation d’événements dédiés comme la DEF’LAN, témoignant d’un ancrage croissant de l’esport au sein de l’institution militaire.
Un levier de soft power et un laboratoire de compétences
L’esport est présenté comme un outil de soft power permettant de toucher un public jeune, notamment les 15-25 ans, via des plateformes comme Twitch et Discord, en créant un espace d’échange entre civils et militaires. Pratique compétitive exigeante, il favorise le développement de compétences telles que la prise de décision rapide, la coordination, la gestion d’environnements complexes et la maîtrise de la pression, avec des joueurs capables d’effectuer jusqu’à 400 actions réfléchies par minute. Sans constituer un outil de formation militaire direct, il permet d’observer des dynamiques proches des environnements opérationnels, comme le travail en équipe ou la gestion du stress, et ouvre des perspectives en matière de détection de talents et de passerelles vers des domaines comme le cyber ou les drones.
lien vers le communiqué du ministère


