Eurobaromètre sport et activité physique 2026 #4 – Égalité et environnement : des Français plus attentifs que la moyenne européenne

86 % des Français estiment que la violence de genre dans le sport mérite plus d’attention, soit 13 points de plus qu’en 2022 et 8 points au-dessus de la moyenne européenne. Sur l’intérêt pour le sport féminin, les mesures d’égalité prises par les organisations sportives ou l’attention portée à l’impact environnemental de la pratique, les réponses françaises se situent également au-dessus de la moyenne de l’Union.

L’essentiel Violence de genre : 86 % jugent qu’elle mérite plus d’attention (+13 points ; UE 78 %, +3 points).Sport féminin dans les médias : 71 % apprécient autant le suivre que le sport masculin (+9 points ; UE 63 %).Mesures d’égalité : 80 % des membres d’un club disent que leur organisation en met en place (+14 points ; UE 65 %).Environnement : 29 % des pratiquants accordent beaucoup d’attention à l’impact environnemental de leur pratique (UE 24 %, 7e rang).Actions de durabilité : 25 % des pratiquants n’en connaissent aucune dans leur environnement sportif, contre 36 % dans l’UE.

1. Violence de genre : la plus forte progression depuis 2022

La part des Français d’accord avec l’affirmation « la violence de genre dans le sport mérite plus d’attention » atteint 86 %, contre 78 % dans l’UE. Elle a progressé de 13 points depuis 2022, contre 3 points en moyenne. 51 % des Français se disent « tout à fait d’accord » (+9 points ; UE 37 %). 6 % ne sont pas d’accord et 8 % ne se prononcent pas (annexe, QB16.3, p. 41).

Graphique 1 — La violence de genre dans le sport mérite plus d’attention : total « d’accord » (vert) et « pas d’accord » (violet), par État membre (QB16.3, %). © Union européenne, 2026. Source : Commission européenne, Eurobaromètre spécial 574, avril-mai 2026, rapport, p. 116 (graphique reproduit tel que publié).

La France se classe au 5e rang, à égalité avec Malte, derrière le Portugal et l’Italie (90 % chacun), la Hongrie et la Grèce (87 % chacune). Seuls trois pays enregistrent une hausse plus forte depuis 2022 (annexe, QB16.3, p. 41).

Affirmation (part d’accord)France 2026Évol. 2022UE27 2026Évol. 2022Rang France /27
La violence de genre dans le sport mérite plus d’attention86 %+1378 %+35e ex.
Vous appréciez autant suivre le sport féminin dans les médias que le sport masculin71 %+963 %+65e ex.
Les modèles féminins (managers, athlètes, responsables, entraîneuses) incitent davantage de femmes et de filles à suivre leur exemple86 %+884 %+614e ex.

Tableau 1 — Part des personnes « tout à fait » ou « plutôt » d’accord, en % de l’ensemble ; évolution en points. Source : Commission européenne, Eurobaromètre spécial 574, avril-mai 2026, annexe de données, QB16.1 à QB16.3, p. 39-41.

2. Sport féminin et modèles féminins

71 % des Français déclarent apprécier autant suivre le sport féminin que le sport masculin dans les médias (en ligne, presse, télévision), contre 63 % dans l’UE ; 21 % ne sont pas d’accord (-5 points ; UE 33 %). La France se classe au 5e rang, à égalité avec le Luxembourg, derrière la Slovénie (81 %), la Hongrie (79 %), la Suède (76 %) et la Finlande (73 %) (annexe, QB16.2, p. 40).

Graphique 2 — Vous appréciez autant suivre le sport féminin que masculin dans les médias : total « d’accord » (vert) et « pas d’accord » (violet), par État membre (QB16.2, %). © Union européenne, 2026. Source : Commission européenne, Eurobaromètre spécial 574, avril-mai 2026, rapport, p. 112 (graphique reproduit tel que publié).

Sur le rôle des modèles féminins parmi les dirigeantes, athlètes, responsables et entraîneuses, la France (86 %, +8 points) est proche de la moyenne européenne (84 %, +6 points) (annexe, QB16.1, p. 39).

3. Les mesures d’égalité perçues dans les organisations

55 % des pratiquants français estiment que l’organisation au sein de laquelle ils pratiquent met activement en place des mesures favorisant l’égalité des sexes, 16 % répondent non et 29 % ne savent pas. Dans l’UE, ces parts sont de 45 %, 30 % et 25 %. La France est au 5e rang, derrière la Finlande (63 %), la Slovénie, le Luxembourg et l’Irlande (61 % chacun) (annexe, QB15, p. 37).

Parmi les seuls membres d’un club, base qui permet la comparaison avec 2022, la part de « oui » atteint 80 % en France (+14 points), contre 65 % dans l’UE (+11 points) ; la part de « non » est de 15 % (-13 points ; UE 26 %). Seuls Malte et le Luxembourg (81 % chacun) font apparaître un niveau plus élevé, la Finlande étant au même niveau (annexe, QB15F, p. 38 ; rapport, p. 105).

4. Une attention à l’environnement au-dessus de la moyenne

Sur une échelle de 1 à 6, 29 % des pratiquants français déclarent accorder beaucoup d’attention (notes 5 et 6) à l’impact potentiel de leur pratique sur l’environnement, 42 % une attention modérée et 25 % peu d’attention (notes 1 et 2). Dans l’UE, ces parts sont de 24 %, 42 % et 31 %. La France se classe au 7e rang, derrière Chypre (47 %), le Luxembourg (41 %), la Roumanie (36 %), la Slovénie (32 %), la Grèce et l’Autriche (30 % chacune) (annexe, QB13, p. 33 ; fiche France, p. 4).

Graphique 3 — Attention portée à l’impact potentiel sur l’environnement de l’exercice, du sport ou d’autres activités physiques, UE27 (anneau extérieur) et France (anneau intérieur) (QB13, % des pratiquants). © Union européenne, 2026. Source : Commission européenne, Eurobaromètre spécial 574, avril-mai 2026, fiche France, p. 4 (graphique reproduit tel que publié).

Les pratiquants français perçoivent aussi davantage d’actions de durabilité de la part de leurs pouvoirs locaux, organisations sportives, clubs ou centres de fitness. 25 % n’en connaissent aucune, contre 36 % dans l’UE ; seuls la Hongrie (21 %), l’Estonie et la Lituanie (24 % chacune) affichent une part plus faible (annexe, QB14, p. 35).

Action de durabilité perçueFrance — pratiquantsUE27 — pratiquantsFrance — membres d’un club (évol. 2022)UE27 — membres d’un club (évol. 2022)
Réduction des déchets ou meilleure gestion des déchets42 %33 %44 % (+23)38 % (+14)
Promotion des modes de transport durables22 %18 %27 % (+18)21 % (+9)
Promotion de l’utilisation d’énergies vertes20 %19 %22 % (+10)24 % (+8)
Mesures d’efficacité énergétique14 %18 %18 % (+13)23 % (+9)
Restauration intégrant des critères de durabilité9 %9 %14 % (+11)13 % (+4)
Aucune, d’après ce que vous savez25 %36 %25 % (-36)31 % (-17)
Ne sait pas14 %10 %7 % (+2)6 % (+3)

Tableau 2 — « D’après ce que vous savez, quelles actions en matière de durabilité sont actuellement mises en œuvre par vos pouvoirs locaux, organisations sportives, clubs, centres de fitness ? » (plusieurs réponses), en %. Source : Commission européenne, Eurobaromètre spécial 574, avril-mai 2026, annexe de données, QB14, p. 35 (pratiquants) et QB14F, p. 36 (membres d’un club, base comparable à 2022).

La réduction ou la meilleure gestion des déchets est l’action la plus citée dans tous les États membres (rapport, p. 97). En France, elle est mentionnée par 42 % des pratiquants, 4e niveau des 27 pays, à égalité avec la Hongrie et Malte, après la Slovénie (46 %), la Lituanie (44 %) et l’Italie (43 %) (annexe, QB14, p. 35). Parmi les membres d’un club, la part de ceux qui ne connaissent aucune action a diminué de 36 points depuis 2022, la deuxième plus forte baisse des 27 pays après la Tchéquie (-38 points) (annexe, QB14F, p. 36).

Ce que montrent les données

  • Sur la violence de genre et l’intérêt pour le sport féminin, les réponses françaises sont parmi les cinq plus élevées de l’UE et ont davantage progressé que la moyenne depuis 2022.
  • Les pratiquants, et plus encore les membres d’un club, perçoivent plus souvent qu’ailleurs des mesures d’égalité au sein de leur organisation.
  • L’attention à l’impact environnemental de la pratique et la connaissance d’actions de durabilité locales sont supérieures à la moyenne européenne.

Méthode et sources

Commission européenne, Eurobaromètre spécial 574 « Sport et activité physique », avril-mai 2026 ; France : 1 016 entretiens (9-28 avril 2026). QB16 porte sur l’ensemble des personnes interrogées ; QB13, QB14 et QB15 sur les personnes qui pratiquent un sport ou une activité physique ; QB14F et QB15F sur les seuls membres d’un club, base retenue par la Commission pour la comparaison avec 2022 (Eurobaromètre spécial 525). Résultats déclaratifs. Rangs : traitement Prospective Sport Lab à partir de l’annexe de données. https://europa.eu/eurobarometer/surveys/detail/3685

Lien vers Eurobaromètre sport et activité physique 2026

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Patrick Bayeux

Consultant, Enseignant chercheur, Docteur en sciences de gestion.

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