Eurobaromètre sport et activité physique 2026 #2 : Le club, trait distinctif de la pratique sportive en France

Parmi les Français qui pratiquent un sport ou une activité physique, 19 % le font dans un club de sport, contre 12 % en moyenne dans l’Union européenne. Seuls les Pays-Bas font apparaître une part plus élevée. À l’inverse, la salle de fitness occupe en France une place nettement plus réduite qu’ailleurs. Ce profil va de pair avec une dépense mensuelle parmi les plus faibles d’Europe et une offre locale jugée abondante, mais pas avec un engagement bénévole plus élevé.

L’essentiel Club : 2e rang européen. 19 % des pratiquants français pratiquent en club (UE 12 %), derrière les Pays-Bas (22 %).Salle : 22e rang. 11 % pratiquent en centre de fitness (UE 19 %) ; 10 % en sont membres (UE 21 %).Dépense : 82 % sous 50 € par mois (UE 75 %), 3e niveau le plus élevé ; la part dépensant de 50 à 99,99 € (6 %) est la plus faible des 27.Offre locale : 84 % jugent que clubs et centres offrent de nombreuses possibilités (+9 points ; UE 77 %).Bénévolat : 8 % sont bénévoles ou prévoient de l’être (UE 11 %), 22e rang.

1. Le club devant la salle

L’Eurobaromètre interroge les personnes qui pratiquent un sport ou une activité physique sur les lieux de leur pratique (plusieurs réponses possibles). En France, le club de sport est cité par 19 % d’entre elles, en hausse de 3 points depuis 2022, contre 12 % dans l’UE, sans évolution. La France se classe au 2e rang, derrière les Pays-Bas (22 %) et devant l’Irlande (18 %), l’Allemagne et la Belgique (17 % chacune) (annexe, QB5, p. 15).

La salle de fitness ou de remise en forme est citée par 11 % des pratiquants français (+5 points), contre 19 % dans l’UE (+6 points). La France est au 22e rang, à égalité avec la Hongrie et la Slovénie ; les niveaux les plus élevés sont relevés en Suède (42 %), en Finlande (38 %) et au Danemark (32 %) (annexe, QB5, p. 15).

PaysPratique en clubMembre d’un club de sportPratique en salle de fitnessMembre d’un centre de fitness
Pays-Bas22 %26 %24 %32 %
France19 %22 %11 %10 %
Irlande18 %23 %24 %30 %
Allemagne17 %22 %21 %23 %
Belgique17 %21 %16 %19 %
Danemark16 %24 %32 %30 %
Finlande12 %18 %38 %26 %
Suède11 %19 %42 %42 %
Espagne9 %10 %22 %28 %
Italie6 %13 %22 %25 %
UE2712 %16 %19 %21 %

Tableau 1 — Lieu de pratique et adhésion, en % des personnes pratiquant un sport ou une activité physique, pays classés selon la pratique en club. Source : Commission européenne, Eurobaromètre spécial 574, avril-mai 2026, annexe de données, QB5, p. 15, et QB10, p. 27.

L’adhésion confirme ce profil. 22 % des pratiquants français sont membres d’un club de sport (+3 points ; UE 16 %), ce qui place la France au 4e rang, à égalité avec l’Allemagne, derrière les Pays-Bas (26 %), le Danemark (24 %) et l’Irlande (23 %). Ils ne sont que 10 % à être membres d’un centre de fitness (+3 points ; UE 21 %) ; seules la Lettonie (8 %) et la Lituanie (3 %) affichent un niveau inférieur. Au total, 38 % des pratiquants français sont membres d’au moins un club ou centre (+6 points), contre 42 % dans l’UE (annexe, QB10, p. 27).

Graphique 1 — Adhésion à un club ou centre où l’on pratique un sport ou une activité physique récréative, UE27 et France (QB10, plusieurs réponses, % des pratiquants ; évolution depuis 2022 entre parenthèses). © Union européenne, 2026. Source : Commission européenne, Eurobaromètre spécial 574, avril-mai 2026, fiche France, p. 2 (graphique reproduit tel que publié).

2. Une dépense des ménages parmi les plus faibles d’Europe

Interrogés sur la somme qu’ils consacrent en moyenne chaque mois à leur pratique, 58 % des pratiquants français déclarent moins de 20 € et 24 % de 20 à moins de 50 €, soit 82 % sous 50 €. 4 % dépensent de 50 à moins de 75 €, 2 % de 75 à moins de 100 €, 2 % de 100 à moins de 200 € et 1 % 200 € ou plus ; 9 % ne savent pas (annexe, QB11, p. 28).

Dépense mensuelleFranceUE27
Moins de 20 €58 %52 %
De 20 à moins de 50 €24 %23 %
De 50 à 99,99 €6 %13 %
De 100 à 199,99 €2 %2 %
200 € ou plus1 %1 %
Ne sait pas9 %9 %

Tableau 2 — « Quelle somme d’argent dépensez-vous en moyenne par mois pour faire de l’exercice ou pratiquer un sport ? », en % des personnes pratiquant un sport ou une activité physique. Source : Commission européenne, Eurobaromètre spécial 574, avril-mai 2026, annexe de données, QB11, p. 28, et QB11R, p. 29.

La part française sous 50 € n’est dépassée qu’en Hongrie (84 %) et en Slovaquie (83 %). À l’autre extrémité, Chypre est le seul État membre où moins de la moitié des pratiquants dépense moins de 50 € (37 %). La part des pratiquants français dépensant de 50 à 99,99 € par mois (6 %) est la plus faible des 27 pays, contre 13 % dans l’UE et 27 % en Autriche et à Chypre (annexe, QB11R, p. 29 ; rapport, p. 34).

Graphique 2 — Dépense mensuelle moyenne consacrée à l’exercice ou à la pratique sportive, par État membre (QB11R, % des pratiquants). © Union européenne, 2026. Source : Commission européenne, Eurobaromètre spécial 574, avril-mai 2026, rapport, p. 34 (graphique reproduit tel que publié).

Le coût n’en est pas moins cité comme frein par 13 % des Français (+2 points), proche de la moyenne européenne (12 %, +2 points) (annexe, QB9, p. 25).

3. Une offre locale jugée abondante

84 % des Français estiment que les clubs sportifs et autres centres de leur région offrent de nombreuses possibilités d’être physiquement actif, contre 77 % dans l’UE. La hausse depuis 2022 (+9 points) est l’une des plus fortes, au même niveau que l’Italie, après la Slovaquie (+17), l’Autriche et la Lituanie (+12 chacune) (annexe, QB8.2, p. 23 ; rapport, p. 75). Six pays font apparaître un niveau supérieur : les Pays-Bas (94 %), le Danemark (91 %), la Belgique (88 %), la Suède, le Luxembourg et l’Irlande (86 % chacun).

Pour 83 % des Français, la région où ils habitent offre de nombreuses possibilités d’être actif (UE 76 %) (annexe, QB8.1, p. 22). L’absence d’infrastructures adaptées ou accessibles près de chez soi est citée comme frein par 3 % des Français, contre 7 % dans l’UE ; seul le Danemark (1 %) fait apparaître une part plus faible (annexe, QB9, p. 25).

Les avis sur l’action des collectivités sont plus partagés, mais moins critiques qu’ailleurs : 38 % des Français jugent que les pouvoirs locaux n’en font pas assez pour les citoyens dans le domaine des activités physiques (+7 points), 50 % ne sont pas d’accord et 12 % ne se prononcent pas. Dans l’UE, 47 % partagent cette critique ; elle est majoritaire dans 15 États membres, avec un maximum en Italie (71 %) (annexe, QB8.3, p. 24 ; rapport, p. 78).

4. Un engagement bénévole inférieur à la moyenne

Le poids du club ne se traduit pas par un bénévolat plus fréquent. 6 % des Français exercent actuellement une activité bénévole qui soutient des activités sportives, comme dans l’UE ; 2 % prévoient de le faire dans les deux prochains mois (UE 5 %) ; 12 % l’ont fait par le passé (-3 points ; UE 16 %) et 78 % ne l’ont jamais fait et ne le prévoient pas (UE 72 %) (annexe, QB17, p. 42 ; fiche France, p. 4).

PaysBénévole actuellement ou dans les deux moisN’a jamais été bénévole et ne le prévoit pas
Pays-Bas21 %50 %
Autriche21 %65 %
Suède20 %40 %
Danemark18 %49 %
Allemagne12 %66 %
UE2711 %72 %
France8 %78 %
Espagne7 %82 %
Portugal5 %85 %
Grèce5 %86 %

Tableau 3 — Bénévolat dans le sport, en % de l’ensemble des personnes interrogées. Source : Commission européenne, Eurobaromètre spécial 574, avril-mai 2026, annexe de données, QB17, p. 42.

Avec 8 % de bénévoles actuels ou prévus, la France se classe au 22e rang, à égalité avec Chypre. Seuls l’Espagne (7 %), le Portugal, la Lituanie et la Grèce (5 % chacun) affichent un niveau inférieur (annexe, QB17, p. 42).

Graphique 3 — Exercice ou projet d’activité bénévole soutenant des activités sportives, par État membre (QB17, total « oui » en vert, total « non » en violet, %). © Union européenne, 2026. Source : Commission européenne, Eurobaromètre spécial 574, avril-mai 2026, rapport, p. 121 (graphique reproduit tel que publié).

Ce que montrent les données

  • Le club est en France un lieu de pratique et d’adhésion plus fréquent que dans la plupart des pays de l’UE, la salle de fitness un lieu moins fréquent.
  • La dépense déclarée des pratiquants est l’une des plus faibles d’Europe.
  • L’offre locale, et en particulier celle des clubs, est jugée plus favorablement que la moyenne, et l’appréciation progresse depuis 2022.
  • Le bénévolat sportif reste inférieur à la moyenne européenne.

Méthode et sources

Commission européenne, Eurobaromètre spécial 574 « Sport et activité physique », avril-mai 2026 ; France : 1 016 entretiens (9-28 avril 2026). Les questions QB5, QB10 et QB11 portent sur les personnes qui pratiquent un sport ou une activité physique ; QB8, QB9 et QB17 sur l’ensemble des personnes interrogées. Évolutions : comparaison avec l’Eurobaromètre spécial 525 (2022). Résultats déclaratifs ; les écarts de 1 à 2 points sont à interpréter avec prudence. Rangs : traitement Prospective Sport Lab à partir de l’annexe de données. https://europa.eu/eurobarometer/surveys/detail/3685

Lien vers l’Eurobaromètre

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Patrick Bayeux

Consultant, Enseignant chercheur, Docteur en sciences de gestion.

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