« EPS de qualité » : trois visions et une question de fond par Didier Delignières
L’expression « EPS de qualité » recouvre des conceptions très différentes selon les institutions qui l’emploient. En confrontant les propositions de l’UNESCO, de l’AEEPS et du SNEP-FSU, Didier Delignières interroge leurs destinataires, leurs objectifs et les modèles auxquels elles cherchent à s’opposer.
Trois conceptions de la qualité en EPS
L’UNESCO s’adresse aux décideurs internationaux et défend une éducation physique inclusive, progressive et adaptée, capable de favoriser une vie active tout au long de l’existence. L’AEEPS vise principalement les enseignants en les encourageant à concevoir des démarches innovantes, même si ses groupes ressources développent parfois des orientations divergentes. Le SNEP-FSU affirme pour sa part une conception culturaliste de l’EPS, fondée sur l’étude des activités physiques, sportives et artistiques. Il insiste également sur la concertation autour des programmes, la liberté pédagogique, la formation des enseignants et les moyens nécessaires aux apprentissages.
Penser d’abord une École de qualité
Ces trois propositions partagent des préoccupations d’inclusion et d’égalité entre les filles et les garçons, mais elles accordent peu de place aux inégalités sociales. Elles témoignent aussi de désaccords persistants entre l’AEEPS, davantage tournée vers l’innovation dans le cadre institutionnel, et le SNEP, qui revendique une refondation de la discipline. L’auteur estime cependant que ces approches envisagent trop souvent l’EPS indépendamment du reste du système scolaire. Il invite donc à définir en priorité ce que serait une « École de qualité », avant de déterminer la contribution que l’EPS pourrait lui apporter.


