Une enquête de Marc Leplongeon dans L’Équipe révèle de graves dysfonctionnements dans l’attribution des primes olympiques à la Fédération française de canoë-kayak après les Jeux de Paris 2024. Entre soupçons de prise illégale d’intérêts, intervention du ministère et enquête judiciaire, l’affaire dépasse désormais le seul cadre fédéral.
Une répartition des primes contestée par l’État
Selon les éléments publiés par L’Équipe, Ludovic Royé, alors directeur général et directeur technique national de la FFCK, aurait participé à la définition d’un dispositif concentrant les primes d’encadrement sur un nombre très limité de bénéficiaires. Il aurait lui-même perçu 110 000 € de primes fédérales, tandis que le directeur de la performance recevait également 110 000 € au titre des primes d’État. Cette répartition a été contestée par l’Agence nationale du sport et par la Direction des sports, qui estimaient le dispositif non conforme aux consignes ministérielles et demandaient une redistribution plus équitable des sommes.
Une affaire aux conséquences institutionnelles
L’affaire a conduit le ministère à diligenter un audit, à ouvrir une procédure disciplinaire et à transmettre le dossier à la justice, le parquet de Meaux ayant ouvert une enquête préliminaire pour des faits susceptibles de relever notamment de la prise illégale d’intérêts. La nouvelle gouvernance de la FFCK a engagé une régularisation afin d’éviter un retrait de l’agrément ministériel, tandis que Ludovic Royé conteste les accusations et affirme que la légalité des primes fédérales sera démontrée. Au-delà du cas individuel, cette affaire pose la question de la gouvernance, de la transparence et du contrôle des dispositifs de rémunération liés à la haute performance dans les fédérations sportives.
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