De la menace de disparition à l’« ensemblier stratégique », l’ANS – Agence Nationale du Sport ouvre une nouvelle page

Un an après l’alerte sur la vacance de gouvernance, l’Agence nationale du sport échappe à une disparition programmée et tente aujourd’hui une mue stratégique. Une transformation contrainte, qui interroge autant qu’elle engage.

Une année de turbulences : de l’incertitude à la quasi-disparition

Il y a tout juste un an, jour pour jour c’était un premier avril ! , nous posions la question : « Qui pour succéder au directeur général de l’ANS ? » (Avr. 01, 2025 Qui pour succéder au directeur général de l’ANS – Agence nationale du sport ? Des Etats généraux du sport #EGS2025 pour en débattre). Un signal faible devenu rapidement symptôme d’une crise plus profonde de gouvernance. La vacance de direction a ouvert une séquence d’instabilité durable, nourrissant les doutes sur la capacité de l’Agence à incarner un pilotage stratégique du sport français. Très vite, le débat s’est déplacé : non plus réformer, mais décider de son avenir. Trois scénarios ont alors été mis sur la table (Jan. 21, 2026 Pourquoi les trois scénarios de l’IG (Inspection Générale) ne permettent pas de décider de l’avenir de l’ANS – Agence nationale du sport ? par Patrick Bayeux ) maintien en l’état, transformation profonde ou suppression pure et simple – sans qu’aucun ne permette réellement de trancher.

Faute d’avoir trouver une solution pour la supprimer, l’ANS a survécu

La question de la suppression, elle, n’était pas théorique : elle passait nécessairement par la loi. Matignon y était favorable nous a t on dit. A L’amendement déposé par Laurent Wauquiez dans le cadre du PLF 2026 en constituait une traduction politique claire. (Jan. 10, 2026 PLF 2026 : Laurent Wauquiez et ses collègues déposent un amendement pour supprimer l’ANS – Agence nationale du sport). Mais faute de consensus parlementaire, et dans un contexte de jeux d’acteurs complexes à l’Assemblée Nationale, cette option n’a pas abouti. L’ANS a ainsi traversé une période que nous avons qualifiée de « coma » (Mar. 06, 2026 L’Agence nationale du sport – ANS (et des territoires) sort du coma… mais reste sous surveillance) maintenue en vie sans véritable cap stratégique, ni incarnation forte. Une situation paradoxale : une agence contestée, fragilisée, mais dont personne n’a réellement su organiser la disparition. Sa survie tient autant à l’absence d’alternative crédible qu’à une forme d’inertie institutionnelle. C’est dans ce contexte que s’ouvre aujourd’hui une nouvelle séquence, portée par Marie-Amélie Le Fur, qui appelle à redonner sens et utilité à l’Agence (Mar. 28, 2026 L’entretien de Marie-Amélie Le Fur sur l’avenir de l’ANS Agence nationale du sport qui interroge 
(sur le fond et sur la forme) avec la prise de poste de Marie-Cécile Tardieu (Mar. 23, 2026 Marie-Cecile Tardieu devrait prendre la direction générale de l’ANS – Agence Nationale du sport).

De l’agence-guichet à l’ensemblier stratégique : un changement de paradigme

La nouvelle feuille de route qui devait initialement être discutée en CA en juin mais annoncé dans l’entretien à Localtis par Marie-Amélie Le Fur, marque une rupture nette avec le modèle initial (2019-2025). L’ANS ne doit plus se limiter à distribuer des crédits dans une logique cloisonnée, descendante et peu évaluée, mais devenir un « ensemblier stratégique » (2026-2030).

Cela devrait se traduire par un accompagnement structuré des acteurs, une gouvernance plus active, une culture de l’impact et une logique de projets intégrés et pluriannuels. Derrière cette évolution, six ruptures structurantes : passage à une gouvernance stratégique, montée en puissance de la data et de la prospective, bascule vers l’aménagement sportif des territoires, transformation de l’accompagnement en appui stratégique, développement d’une culture l’impact et territorialisation renforcée. Autrement dit, l’ANS joue désormais sa crédibilité sur sa capacité à devenir un véritable architecte du système sportif… après avoir frôlé sa disparition. Une feuille de route qui aurait du être celle de l’agence depuis sa création. Une feuille de route résumée dans ce schéma présenté lors du dernier CA et légèrement remis en page. Le temps est compté, l’ANS a un an pour faire ses preuves, jusqu’aux présidentielles, et ce n’est pas un poisson d’avril !

partager
Twitter
LinkedIn
Facebook
Email
Imprimer
Cet article vous a-t-il été utile ?

contributeur

Image de Patrick Bayeux
Patrick Bayeux

Consultant, Enseignant chercheur, Docteur en sciences de gestion.

plus d'articles

La quinzaine des décideurs

Recevez les derniers articles dans votre boîte aux lettres électronique.

catégories

tags

à lire aussi

A quel point cet article vous a-t-il été utile ?

Cet artcile ne vous a pas été utile?

Newsletter Gratuite

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez toute l'actualité des décideurs du sport.