Violences sexuelles : Amélie Oudéa-Castéra annonce une fondation pour agir sans attendre

Face aux difficultés des fédérations à traiter les violences sexistes et sexuelles, Amélie Oudéa-Castéra présidente du CNOSF, annonce dans l’Equipe la création d’une fondation dédiée. Une réponse immédiate, sans attendre une éventuelle loi. Un nouvel outil qui s’inscrit désormais dans un mouvement plus large de recours aux fondations dans le sport français.

Une réponse opérationnelle à l’absence de solution institutionnelle rapide

Alors que certains acteurs plaident pour la création d’une agence indépendante sur le modèle de l’Agence française de lutte contre le dopage, le calendrier politique rend cette option incertaine à court terme. Dans ce contexte, le CNOSF fait le choix d’une solution pragmatique : la création d’une « Fondation pour un sport sans violence », adossée à la Fondation du sport français. Cette structure vise à apporter un soutien immédiat aux fédérations, notamment les plus modestes, souvent démunies face à la complexité des procédures disciplinaires.

Un levier inédit pour structurer la réponse du mouvement sportif

La Fondation reposera sur un pool d’une vingtaine d’instructeurs et d’avocats mis à disposition des fédérations, avec un financement majoritairement assuré par mécénat. Au-delà du renforcement juridique, elle ambitionne de structurer une doctrine commune des sanctions, aujourd’hui marquée par de fortes disparités, et de développer des actions d’accompagnement des victimes et de prévention. Pensée comme une réponse transitoire mais structurante, cette initiative pourrait, à terme, s’articuler avec une éventuelle agence nationale si celle-ci venait à voir le jour.

Un nouvel outil qui interroge le modèle global du sport français

Financée par mécénat, la Fondation vise également à accompagner les victimes, structurer les procédures disciplinaires et développer des actions de prévention. Elle doit permettre de réduire les disparités entre fédérations et de tendre vers une doctrine commune des sanctions. Cette initiative s’inscrit dans un contexte plus large marqué par la multiplication des fondations dans le sport français, analysée comme à la fois une « bouffée d’oxygène » et un possible révélateur des limites des institutions à assumer seules leurs missions  . Une dynamique qui, sans remettre en cause l’intérêt du mécénat et de l’appui de la société civile, pose en creux la question du rôle et de la capacité du système sportif à répondre à ses propres enjeux.

Lien vers l’article de l’Equipe

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Patrick Bayeux

Consultant, Enseignant chercheur, Docteur en sciences de gestion.

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