Sawe sous les 2 heures… et sous contrôle : quand les athlètes financent leur crédibilité avec leur sponsor
Vainqueur du marathon de Londres 2025, et pour la première fois sous la barre des 2 heures, Sabastian Sawe affirme que « le dopage est un cancer ». Mais au-delà des déclarations, il a demandé à être testé de manière intensive avant Berlin. Une démarche rare qui s’inscrit dans un contexte de défiance envers l’athlétisme kényan.
Une initiative inédite financée par le sponsor
Le marathonien kényan Sabastian Sawe a choisi de répondre aux soupçons par des actes. Avant le marathon de Berlin, il a sollicité l’Athletics Integrity Unit pour être testé « autant que possible », allant jusqu’à subir 25 contrôles en quelques semaines, parfois deux fois dans la même journée. Particularité majeure : cette démarche a été accompagnée financièrement par ses partenaires, notamment Adidas, qui a pris en charge le coût de ces contrôles supplémentaires.
Il courait également équipé des dernières chaussures fournies par Adidas, les Adizero Adios Pro Evo 3, des « supershoes » ultralégères (moins de 100 g) conçues pour améliorer le rendement de course et optimiser la performance à très haut niveau Dans un contexte où les performances kényanes sont régulièrement scrutées, Sawe entendait ainsi démontrer qu’il « fait les choses correctement » et apporter des garanties concrètes à ses résultats.
Un signal fort dans un système sous pression
Cette initiative s’inscrit dans un contexte de forte tension autour du dopage. Depuis 2017, l’Athletics Integrity Unit a sanctionné 427 athlètes, dont 145 Kényans, alimentant les critiques et la défiance. En parallèle, les contrôles se sont intensifiés, notamment grâce à des financements combinés des organisateurs, sponsors et institutions publiques. Mais malgré ces efforts, des pratiques comme le microdosage rendent la détection difficile. Dans ce cadre, la démarche de Sabastian Sawe marque une évolution : face au doute, les athlètes ne se contentent plus de déclarations, ils cherchent à produire des preuves. Une tendance qui pourrait redéfinir les standards de crédibilité dans l’athlétisme de haut niveau ?
Lire notamment sur le sujet l’article du Guardian Sabastian Sawe: the marathon star on a mission to be drug tested as much as possible


