Savoir nager est essentiel, mais ne suffit pas à prévenir les noyades par Emmanuel Auvray
Alors que les températures montent et que les plans d’eau attirent les foules, la maîtrise de la brasse ou du crawl ne suffit pas à éviter les noyades selon Emmanuel Auvray Enseignant à l’UFR STAPS, Chercheur associé à l’équipe Histemé, Université de Caen Normandie. La prévention et la compréhension des milieux aquatiques deviennent incontournables pour profiter de l’été en sécurité .
Un phénomène complexe, au‑delà du simple savoir‑nager
Pendant l’épisode caniculaire de juin 2026, le ministère de l’Intérieur a recensé 74 décès par noyade . Les statistiques montrent que seuls 10 % des décès concernent des personnes qui ne savaient pas nager . Dans la grande majorité des cas, les victimes sont de jeunes adultes ou adolescents qui se baignent dans des lieux non surveillés ou interdits, souvent en mer ou en rivière . Les courants, vagues, variations de profondeur et un excès de confiance pèsent plus que l’absence de technique . Réduire les noyades implique donc de considérer l’environnement, les comportements à risque et la prise de conscience des dangers.
Développer la littératie aquatique et les infrastructures
L’auteur plaide pour une « littératie aquatique » qui combine savoir‑nager, capacités d’analyse du milieu et bonnes pratiques (identifier un sauveteur, respecter l’hygiène, adapter sa nage à son âge et son état de santé) . Les équipements restent insuffisants : le parc de piscines publiques vieillit et il manquerait environ 400 bassins « basiques » pour garantir un apprentissage partout en France . Les disparités sont fortes entre territoires ; en Seine‑Saint‑Denis, seulement deux tiers des jeunes maîtrisent le savoir‑nager . Un « plan Marshall » pour construire des piscines de proximité et la généralisation de programmes éducatifs en milieu naturel sont proposés. Au‑delà de la technique, apprendre à analyser et respecter l’eau est la clé pour faire reculer les noyades.


