Questions anciennes, nouvelles méthodes : réexaminer les effets économiques de l’accueil des méga-événements sportifs
À partir de données internationales couvrant plus de trente ans, une étude académique récente réévalue l’impact économique des Jeux olympiques et de la Coupe du monde de football. En mobilisant des méthodes économétriques causales, les auteurs David Boto-García , María Santana-Gallego identifient dans un article à paraître dans tourism management des effets économiques réels, mais d’ampleur limitée et variables selon les contextes nationaux.
Un champ d’analyse international et des données de long terme
L’étude examine l’impact économique de l’organisation des principaux méga-événements sportifs internationaux — les Jeux olympiques d’été et la Coupe du monde de football — à partir d’un panel de 147 pays observés entre 1991 et 2023. L’analyse repose sur des indicateurs macroéconomiques relatifs au tourisme international, au PIB par habitant et à l’emploi dans le secteur des services, permettant d’appréhender plusieurs dimensions de l’activité économique.
Une approche méthodologique causale pour distinguer les effets
Contrairement aux comparaisons descriptives souvent mobilisées dans les études antérieures, les auteurs utilisent des modèles économétriques de type difference-in-differences dynamiques. Cette méthode permet de comparer les pays organisateurs à des pays présentant des caractéristiques similaires, y compris des pays ayant également candidaté à l’organisation, et d’identifier séparément les effets anticipés, observés avant l’événement, et les effets post-événement.
Des résultats significatifs mais modérés et variables selon les contextes
Les résultats montrent que l’accueil des Jeux olympiques est associé à des effets économiques statistiquement significatifs, mais modérés. Les impacts apparaissent plus marqués durant la phase préparatoire, notamment sur le PIB par habitant et l’emploi dans le secteur des services. Les Jeux olympiques d’été présentent, sur plusieurs indicateurs, des effets plus prononcés que la Coupe du monde de football.
Concernant le tourisme international, l’étude met en évidence des variations mesurables, sans caractère uniforme ni durable selon les cas. Les auteurs soulignent enfin une forte hétérogénéité des effets selon les pays, les périodes et les indicateurs retenus, invitant à la prudence dans l’interprétation et la généralisation des résultats.
Les points clés
1. Une analyse empirique de long terme
L’étude s’appuie sur un panel international de 147 pays observés entre 1991 et 2023, couvrant plusieurs éditions des Jeux olympiques d’été et de la Coupe du monde de football.
2. Des méthodes économétriques causales
Les auteurs utilisent des modèles difference-in-differences dynamiques afin d’identifier des effets causaux et de distinguer les effets anticipés de l’événement et les effets post-événement.
3. Des effets économiques identifiables mais modérés
L’accueil des Jeux olympiques est associé à des impacts économiques statistiquement significatifs, mais d’ampleur limitée, notamment sur le PIB par habitant et l’emploi dans le secteur des services.
4. Une phase préparatoire déterminante
Les effets économiques apparaissent plus marqués avant l’événement, durant la phase de préparation, période concentrant investissements et activités liées à l’organisation.
5. Des résultats hétérogènes selon les contextes
Les impacts varient fortement selon les pays, les périodes et les indicateurs analysés. Les Jeux olympiques d’été présentent, sur plusieurs dimensions, des effets plus prononcés que la Coupe du monde de football.
6. Une invitation à la prudence dans l’interprétation
L’étude souligne que les retombées économiques des méga-événements sportifs ne sont ni automatiques ni homogènes, et qu’elles doivent être évaluées au cas par cas à l’aide de méthodes rigoureuses.


