Quand les Jeux olympiques d’hiver, en servant de vitrine aux pollueurs, font fondre la neige dont ils dépendent
Derrière l’image d’un sport d’hiver durable, les Jeux Olympiques continuent de s’appuyer sur des partenariats fortement émetteurs de carbone. Un rapport international révèle que les émissions induites par certains sponsors dépassent celles de l’organisation même des Jeux. À terme, c’est l’avenir des sports d’hiver qui se trouve directement menacé.
Le rapport Olympics Torched publié par New Weather Institute (institut de recherche sur la transition énergétique et climat) avec Scientists for Global Responsibility (organisation britannique promouvant une science responsable, notamment face à la crise climatique) et Champions for Earth (associé à la publication) analyse l’empreinte carbone réelle des Jeux Olympiques d’hiver, en intégrant un angle largement absent des bilans officiels : les émissions induites par les sponsors. Pour Milan-Cortina 2026, les émissions officiellement comptabilisées atteignent environ 930 000 tonnes de CO₂e, principalement liées aux déplacements des spectateurs. Mais les partenariats conclus avec des entreprises fortement carbonées – notamment dans les secteurs des hydrocarbures, de l’automobile et de l’aviation – généreraient à eux seuls près de 1,3 million de tonnes de CO₂e supplémentaires. Ces émissions additionnelles provoqueraient, à terme, la disparition de plusieurs kilomètres carrés de couverture neigeuse et de dizaines de millions de tonnes de glace glaciaire. Le rapport établit un parallèle historique avec l’interdiction du sponsoring du tabac et appelle le CIO à rompre avec les partenariats climatiquement toxiques. Sans inflexion majeure, les Jeux risquent de compromettre les conditions mêmes de leur existence future.

Encadré – Les points clés du rapport

- 930 000 tCO₂e : émissions estimées des JO d’hiver 2026 (hors sponsoring), dont 44 % liées aux déplacements des spectateurs
- +1,3 million tCO₂e : émissions induites par trois sponsors majeurs à forte intensité carbone
- ≈ 40 % d’émissions supplémentaires par rapport à l’empreinte officielle des Jeux
- 5 à 7 km² de neige et jusqu’à 45 millions de tonnes de glace menacés à long terme
- Les émissions de sponsoring sont absentes des méthodes officielles de comptabilisation carbone
- Les leviers les plus efficaces identifiés :
- abandon des sponsors à forte intensité carbone
- limitation des nouvelles infrastructures
- réduction des déplacements aériens des spectateurs
- Le rapport appelle le CIO à suivre l’exemple historique de la fin du sponsoring du tabac dans les années 1980


