Mondial 2026 : le football au cœur des rapports de pouvoir – entretien avec Carole Gomez
La Coupe du monde 2026 a largement dépassé le cadre sportif, entre mobilisations géopolitiques, omniprésence de Donald Trump et limites du pouvoir de la FIFA. Cette compétition a également confirmé les ambitions de la diplomatie sportive américaine, malgré les restrictions d’accès au territoire. Carole Gomez analyse cette édition et les enjeux de la prochaine Coupe du monde féminine organisée au Brésil.
Des mobilisations renouvelées et une FIFA limitée
Contrairement au Mondial 2022 au Qatar, les appels au boycott et les prises de position collectives ont été peu nombreux. Selon Carole Gomez, les mobilisations se sont surtout exprimées à travers des initiatives individuelles concernant les Malouines, le conflit à Gaza ou encore le prix des billets. Des associations et des institutions ont également contesté la politique tarifaire et la gouvernance de la FIFA devant les instances judiciaires et éthiques. Pour la chercheuse, les restrictions de visas, les ingérences politiques et la hausse des publications racistes ont mis en évidence les limites de l’action de la FIFA.
Des ambitions américaines au défi du Mondial féminin
Donald Trump a, selon l’auteure, utilisé la compétition comme une vitrine politique, intervenant dans sa préparation et jusque dans certaines décisions sportives. Le tournoi s’inscrit plus largement dans une stratégie américaine d’accueil de grands événements internationaux, toutefois confrontée aux politiques restrictives d’accès au territoire. En 2027, le Brésil accueillera la première Coupe du monde féminine organisée en Amérique latine, en s’appuyant notamment sur des infrastructures existantes. Carole Gomez souligne néanmoins que son véritable héritage devra être évalué à long terme, à travers ses effets sur les championnats, les conditions offertes aux joueuses, la pérennité des investissements et l’engagement de la FIFA.


