L’IA arrive dans le jugement olympique. Qu’est-ce qui pourrait (bien) se passer ? Willem Standaert
En adoptant le jugement assisté par l’intelligence artificielle, le CIO promet des décisions plus cohérentes et plus transparentes.
Mais dans les sports jugés, la question n’est pas seulement de “mieux mesurer” : c’est aussi de préserver la confiance selon Willem Standaert Associate Professor, Université de Liège
Car la légitimité d’une note se joue autant dans les valeurs d’un sport que dans la précision d’un algorithme.
Le CIO fait de l’IA un pilier des futurs Jeux, et prévoit dès Milan-Cortina 2026 de l’utiliser pour soutenir le jugement en patinage artistique, ski freestyle ou saut à ski.
Cette évolution répond aux limites bien connues du jugement humain : biais, fatigue, incohérences et controverses, comme l’a montré l’affaire Jordan Chiles à Paris 2024.
Mais la recherche souligne que l’IA ne règle pas tout : elle peut être “trop exacte”, introduire de nouveaux biais et peiner à intégrer l’artistique ou le style.
Ces tensions sont encore plus fortes dans les sports d’action, où créativité et prise de risque échappent largement à la formalisation.
Déjà testée aux X Games 2025, l’IA divise, entre promesse de transparence et crainte de standardisation des performances.
Au final, l’enjeu dépasse la technologie : c’est un choix institutionnel et culturel sur ce que signifie “l’excellence” olympique.


