L’économie sociale et solidaire – ESS en recul : un tournant confirmé en 2025, y compris dans le sport
Longtemps résiliente face aux crises, l’économie sociale et solidaire (ESS) entre dans une phase de contraction de l’emploi au second semestre 2025, avec des impacts visibles jusque dans le secteur sportif et les activités de loisirs selon cette note de conjoncture de l’emploi dans l’ESS en France. « Le
retournement de tendance amorcé en début d’année est désormais acté. L’ESS, traditionnellement résiliente face aux crises, a détruit des emplois au cours du second semestre 2025. » écrit Benoit Hamon président d’ESS France.
Un retournement de tendance marqué et une contraction de l’emploi dans l’ESS
Le second semestre 2025 marque un retournement de tendance pour l’emploi dans l’économie sociale et solidaire en France. Après une phase de ralentissement amorcée en début d’année, la baisse s’installe avec un recul de l’emploi de -0,46 % au quatrième trimestre, portant le solde annuel à -10 447 emplois. Ce mouvement est principalement porté par les associations (-12 305 postes), tandis que les mutuelles enregistrent également des pertes significatives (-1,95 % au dernier trimestre). Les coopératives continuent de créer des emplois mais à un rythme ralenti, et les fondations, bien que toujours en croissance, connaissent une décélération. Dans le même temps, le secteur privé hors ESS affiche une progression de l’emploi (+0,53 %), marquant un décalage croissant entre ces deux modèles économiques.
Des dynamiques sectorielles dégradées, avec un recul confirmé dans le sport et les loisirs
Les dynamiques sectorielles confirment cette dégradation, notamment dans l’enseignement, l’action sociale ou encore l’aide à domicile. Le champ du sport et des loisirs n’échappe pas à cette tendance : les activités récréatives et de loisirs reculent (-1,9 %), les clubs de sport perdent des emplois (-0,93 %) et les autres activités liées au sport enregistrent également une baisse (-1,5 %), contribuant à un recul global de -1,1 % du secteur. Cette évolution s’inscrit dans un contexte plus large de fragilisation des services à forte utilité sociale, avec des disparités territoriales marquées et une contraction du nombre d’établissements. Malgré un léger rebond des salaires au quatrième trimestre (+1,2 %), l’ESS reste en retrait par rapport au reste du secteur privé, confirmant un affaiblissement structurel qui touche aussi les activités sportives relevant de ce modèle.


