« Le sport français exige la performance de ses athlètes, mais tolère l’inefficacité de sa propre organisation » Médéric Chapitaux
Selon Médéric Chapitaux, dans Marianne, le sport français croule sous les structures mais manque d’oxygène sur le terrain. Entre bureaucratie hypertrophiée et précarité des acteurs de base, une fracture silencieuse s’est installée.
Médéric Chapitaux, sociologue pointe une contradiction centrale du sport français : une exigence de performance toujours plus forte imposée aux athlètes, alors que l’organisation du système sportif tolère lenteurs, complexités et dysfonctionnements. La gouvernance est jugée éclatée, marquée par une accumulation de structures, de niveaux de décision et de dispositifs peu lisibles. Cette bureaucratie pèse directement sur les clubs, les bénévoles et les cadres, souvent épuisés par les contraintes administratives. Malgré les réformes annoncées, l’efficacité opérationnelle peine à s’imposer comme une priorité. Le modèle continue ainsi à valoriser les résultats sportifs sans s’interroger suffisamment sur les moyens organisationnels qui les rendent possibles. L’auteur appelle à une remise à plat du fonctionnement du sport français.
« Certains sont payés deux fois pour encadrer un sport que d’autres ne peuvent exercer qu’au prix de la précarité »
« Le message est clair, même s’il n’est jamais assumé : certains sont payés deux fois pour encadrer un sport que d’autres ne peuvent exercer qu’au prix de la précarité. La hiérarchie des priorités est brouillée. Le signal envoyé aux sportifs est désastreux. Dans un contexte de tension budgétaire durable, la République peut-elle encore se permettre de ne pas interroger frontalement ce modèle ? » s’interroge Médéric Chapitaux.


