La quinzaine des décideurs du sport
JO 2030, jeunesse, décentralisation : les trois défis du sport français
Une quinzaine avec des Jeux olympiques de Milan Cortina qui nous projettent déjà en 2030. L’ambition affichée par Amélie Oudéa-Castéra — « viser le top 3 des nations en 2030 ! » — traduit une confiance retrouvée dans le potentiel sportif français. Mais cette ambition intervient à un moment charnière. Car derrière la perspective olympique, les signaux venus de la jeunesse et des territoires révèlent un enjeu plus profond : la capacité du système sportif français à se réorganiser durablement. Jeux olympiques, jeunesse, gouvernance territoriale : cette quinzaine met en lumière les trois défis structurants des années à venir.
Défi n°1 : réussir les Jeux de 2030, un enjeu de performance, mais aussi de gouvernance
Les Jeux olympiques d’hiver constituent désormais l’horizon stratégique du sport français. Des JOP 2030 qui recueille un fort soutien des Français, mais des inquiétudes croissantes sur la gouvernance demeurent. Inquiétudes jusqu’au plus haut sommet de l’Etat, l’Élysée a mis la pression sur la gouvernance et a fixé un ultimatum. En réponse le Premier Ministre Sébastien Lecornu a lancé une mission d’inspection face à la crise de gouvernance
Des jeux en Italie marqués par des prises de position politique ou pas suffisamment politique d’ailleurs ! Pour Nathalie Iannetta, c’est clair ! les institutions du sport sont incapables de se hisser au niveau des sportifs qu’ils sont censés représenter Patrick Clastres quant à lui considère que « Les valeurs de l’olympisme ne sont pas au-dessus des droits humains »
Défi n°2 : répondre à la fragilisation physique et sociale de la jeunesse
La situation de la jeunesse constitue le second défi majeur.
Jeunesse française : une génération sous tension, entre vulnérabilité, quête d’équilibre et nouvelles attentes face au travail nous apprend ce sondage Une jeunesse confrontée à de nouvelles formes d’incertitude.
Cette fragilité se traduit également sur le plan physique. L’étude menée à Sorbonne montre que 85 % des étudiants présentent au moins un indicateur physique défavorable. Un signal particulièrement préoccupant pour l’avenir du sport et, plus largement, pour la santé publique.
Et pourtant, l’accès aux équipements n’apparaît pas comme le principal obstacle. Le Baromètre Jeunesse et Confiance 2025 et Sport, révèle que 80 % des jeunes déclarent un accès facile, 76 % disposent de clubs à proximité, 84 % des parents confirment. Et c’est encore plus facile d’accéder à un équipement dans les quartiers !
Ce constat est confirmé dans les Quartiers prioritaires : une pratique sportive moins fréquente malgré une forte proximité des équipements
Contrairement aux idées reçues, la question n’est donc pas d’abord celle des équipements, mais celle de l’organisation du système et de sa capacité à accompagner les publics. Jean-Pierre Bouchout lui est formel ! « La France n’est pas sportive »
Défi n°3 : achever la décentralisation et refonder la gouvernance du sport
D’abord, c’est à lire ce rapport du Conseil d’état, selon lequel il est plus que nécessaire d’inscrire l’action publique dans le temps long et d’insister sur la nécessité de stabiliser les politiques publiques et de renforcer leur cohérence. Une position également défendue par Dominique Faure qui appelle à refonder l’aménagement du territoire autour d’une gouvernance partagée entre l’État, les collectivités et les acteurs socio-économiques. Un modèle qui, paradoxalement, existe déjà dans le champ du sport depuis la création de l’Agence nationale du sport en 2019. Mais, dont la mise en œuvre reste inachevée… Alors, le sport, précurseur d’une gouvernance territoriale encore inachevée ?
Dans ce contexte, le sport pourrait devenir un terrain d’expérimentation d’une nouvelle étape de la décentralisation. Le sport, futur laboratoire de la doctrine Lecornu ? Le sport pourrait-il préfigurer une réorganisation plus profonde de l’action publique suite aux annonces du Premier Ministre.
Pour l’instant on se contentera d’une Résolution sur la gouvernance du sport : avec le gouvernement qui a exprimé ses réserves sur un comité interministériel. Mais il va falloir aussi convaincre …. Pour les Français, le sport, une compétence municipale, mais loin d’être prioritaire.
Des #EGS Etats Généraux du sport s’imposent !
J’allais oublié, le lancement de L’observatoire Sport & collectivités territoriales
et aussi n’oubliez pas de vous inscrire aux dixièmes Rencontres de la Prospective Sportive ® auront lieu le 18 mars 2026 autour de la question « Et si demain, la guerre changeait le sport ?«
Bonne lecture !
Patrick Bayeux.


