Les Jeux Olympiques dépassent toujours le budget annoncé. Paris n’y a pas fait exception et la question demeure : la France a-t-elle les moyens financiers, à l’heure où le gouvernement parle d’économies drastiques, d’organiser les JO d’hiver dans les Alpes en 2030 ? s’interroge Annabelle Grelier sur France culture
Les Jeux Olympiques reposent sur un modèle dominé par le CIO, qui capte l’essentiel des recettes (droits TV, sponsors) et ne reverse qu’une part limitée aux organisateurs locaux. Ceux-ci doivent supporter un budget massif, encadré par un contrat hôte qui prévoit de nombreuses dérogations fiscales et réglementaires. Contrairement au mythe des années 1990, les JO coûtent cher aux finances publiques : près de 6 milliards d’euros pour Paris 2024, dont 1,5 milliard pour la sécurité. Les JO d’hiver, encore moins rentables, mobilisent déjà plus de 460 millions d’argent public pour Alpes 2030, avec une garantie d’État de 500 millions. L’impact touristique est faible, voire négatif, et les projets d’infrastructures souvent contestés. Le seul véritable bénéfice reste l’image et le rayonnement, utilisé surtout à des fins politiques, comme le montrent les rivalités entre régions organisatrices.