JO Milan-Cortina 2026 et Alpes 2030 : qui sont les « éléphants blancs » ? par Matthieu Llorca
Milan-Cortina 2026 et les Alpes françaises 2030 ravivent la crainte des « éléphants blancs » olympiques : ces équipements coûteux, parfois surdimensionnés, qui pèsent durablement sur les finances publiques selon Matthieu Llorca
Face aux critiques, le CIO met en avant une doctrine : réutiliser l’existant et recourir au temporaire plutôt que construire du neuf.
Mais entre arbitrages politiques, rivalités territoriales et retards de chantiers, la sobriété affichée reste sous tension.
Les JO d’hiver concentrent les controverses sur quelques équipements emblématiques et très coûteux (bobsleigh, saut à ski, patinage). Milan-Cortina 2026 représente un budget provisoire de 5,7 Md€ (4 Md€ d’infrastructures et 1,7 Md€ pour l’organisation), malgré une promesse de Jeux majoritairement basés sur l’existant (85% des sites). La construction d’une nouvelle piste de bobsleigh à Cortina illustre ces choix contestés, avec un coût réévalué à 120 M€, alors qu’une rénovation d’un site existant aurait été moins chère. Côté Alpes 2030, la carte des sites reste instable, avec des relocalisations entre stations et une sobriété déjà questionnée. Fait marquant : 2030 pourrait être les premiers JO d’hiver à délocaliser un site sportif (patinage de vitesse) dans un pays voisin. En parallèle, les données récentes montrent une baisse des sites réellement abandonnés et un taux élevé d’usage post-JO des infrastructures permanentes. Matthieu Llorca est Maitre de conférences-HDR en économie, spécialsé en politiques économiques, banque-finance et économie du sport, Université Bourgogne Europe


