Gouvernement Lecornu II : une gouvernance du sport… par intérim ? par Patrick Bayeux
Alors que le départ de la ministre des Sports est annoncé à l’occasion d’un prochain remaniement — conséquence directe d’une candidature municipale — le sport français s’installe dans une séquence politique incertaine, où l’intérim semble devenir la norme. Après l’Agence nationale du sport, c’est désormais la direction des Sports du ministère qui bascule à son tour dans un pilotage transitoire.
Un interim à la direction des sports du ministère des sports
Dernier signal en date : la direction des Sports elle-même bascule dans un mode transitoire. À compter du 1er février, M. Jérôme Fournier est chargé des fonctions de directeur des Sports par intérim. Une décision administrative logique pour assurer la continuité, mais qui, dans le contexte actuel, dit autre chose : l’État depuis la nomination du gouvernement Lecornu II gère le sport au fil de l’eau, dans une période où la stabilité devrait être la priorité. Sur la direction des sports le nom de la remplaçante de Fabienne Bourdais qui a rejoint l’inspection général était pourtant connu …
Pilotage à vue pour l’ANS
Même logique côté ANS : une direction par intérim, et toujours aucune décision structurante sur son avenir, alors que l’Agence continue d’enchaîner les séquences de travail comme si le cadre de long terme était stabilisé.
Preuve de cette mécanique paradoxale : l’ANS déroule déjà sa feuille de route 2026-2030 autour de ses 5 axes stratégiques, avec une série de réunions intensives
- 21 janvier de 14h à 17h : gouvernance
* 27 janvier de 14h à 17h : efficience, simplification et mesure d’impact
* 28 janvier de 14h à 17h : innovation et prospective
* 3 février de 9h à 17h : stratégie Impulsion Sport
* 4 février de 14h à 17h : modèle économique
A lire
Le système tourne (en rond). Les ateliers s’enchaînent. La méthode est là. Mais la décision, elle, reste absente.
A lire
Les JOP 2030 comme seul objectif ?
Tout donne l’impression que l’objectif de Lecornu II était de sortir la loi Olympique, ce qui sera fait cette semaine. Après avoir été examiné mardi en commission mixte paritaire, le projet de loi doit être voté par les députés mardi 3 février et par les sénateurs jeudi 5.
Un interim qui devient une méthode
Alors, le gouvernement Lecornu II restera-t-il, pour le sport, comme un simple temps d’intérim dans la gouvernance du sport français ? La question est posée. Et elle devient urgente : on ne pilote pas durablement un secteur aussi stratégique avec une succession de transitions et d’attentes. Sauf à considérer que pour le gouvernement le sport n’est pas stratégique, ce qui compte ce sont des grands évènements ! Alors pourquoi pas, avant les élections au CNOSF, je posais cette question ; un CNOSF puissant et un ministère des sports diminué ? Quel avenir pour le sport français ? Patrick Bayeux
Le sport n’a pas besoin d’un intérim. Pourquoi la ministre a accepté le poste si elle savait qu’elle serait candidate aux municipales ? Ou alors elle est sure de conserver son poste ministériel et auquel cas pourquoi les décisions sont prises par interim ?
Le sport a besoin d’arbitrages … que le prochain gouvernement devra rendre le plus rapidement possible. Et surtout nomme (ou pas d’ailleurs ) un ministre qui accepte de décider et donc de renoncer !


