Des “4 routes” de Le Corbusier aux “4 souffles” de François Bellanger : et si la mobilité redevenait une expérience du corps ?

En 1941, Le Corbusier théorise les “4 routes” – air, eau, fer et terre – comme fondements d’une mobilité moderne dominée par la technique et le moteur. François Bellanger, dans 2 papiers, propose aujourd’hui de dépasser cette vision en introduisant les “4 souffles”, fondés sur les capacités du corps. Une approche qui invite à repenser la mobilité non plus comme un transport passif, mais comme une expérience physique et sensible du territoire.


Les “4 routes” : une vision fondatrice centrée sur le moteur et la vitesse

Avec les “4 routes”, Le Corbusier formalise une organisation du monde reposant sur quatre grands réseaux de transport : aérien, maritime, ferroviaire et routier. Cette approche place le moteur et la vitesse au cœur de la mobilité, avec pour objectif principal l’efficacité et l’optimisation des flux. Le corps humain y est essentiellement passif, transporté par des systèmes techniques conçus pour franchir les distances toujours plus rapidement. Cette vision a profondément structuré les infrastructures et la manière de penser les territoires. Elle a contribué à imposer une lecture du monde dominée par la performance technique plutôt que par l’expérience corporelle.

Les “4 souffles” : une nouvelle cartographie fondée sur le corps et l’expérience

François Bellanger propose une alternative avec les “4 souffles”, fondée sur les mobilités corporelles comme le vol libre, la marche, la course ou la navigation à la force humaine. Dans cette approche, le corps devient un capteur direct du territoire, percevant le relief, le vent, les distances et les contraintes physiques. Cette mobilité ne vise pas seulement à se déplacer, mais à transformer la manière de percevoir et de comprendre l’espace. Elle ouvre la voie à une nouvelle cartographie, où l’effort physique devient un mode de connaissance du monde. Les “4 souffles” invitent ainsi à repenser la mobilité contemporaine à partir du corps plutôt que du moteur.

ET SI ON REMPLAÇAIT LE MOTEUR PAR LE CORPS ?

ET SI LES 4 SOUFFLES RENDAIENT PENSABLE CE QUE LES 4 ROUTES AVAIENT EFFACÉ ?

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Patrick Bayeux

Consultant, Enseignant chercheur, Docteur en sciences de gestion.

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