#DémographieSportive, une baisse de 1,7 million d’élèves d’ici 2035, un tournant stratégique pour le sport français ?
Une « vague sismique » selon le ministre de l’Éducation nationale. Mais pour le sport, ce n’est pas seulement une crise scolaire : c’est un bouleversement structurel des publics, des modèles fédéraux et des équipements. Première partie : un tournant stratégique pour le sport français ?
La publication de la DEPP sur les projections d’effectifs scolaires à horizon 2035 confirme un basculement démographique majeur. D’ici dix ans, la France comptera 1 676 800 élèves en moins, soit une baisse de 14,2 % des effectifs scolaires . Ce recul, amorcé depuis plusieurs années, s’accélère et touche désormais l’ensemble du système éducatif, du premier degré jusqu’au lycée.
Cette évolution n’est pas neutre pour le sport. Elle remet en cause les fondamentaux de nombreuses politiques publiques et du modèle fédéral français, historiquement construit sur une base large de jeunes pratiquants. En croisant ces projections avec les pyramides des âges des licenciés, un constat s’impose : le sport entre dans une phase de transition démographique profonde.
Et vous votre territoire est il impacté ? quelle est la pyramide des ages des licenciés ? quels sont vos besoins en équipements pour les scolaires (gymnases, m2 de plan d’eau de piscines, …) pour vos licenciés. Voir #AnalyseDataSport dans le Vade-Mecum des élus en charge du sport
1. Une crise d’abord scolaire… mais rapidement sportive
Le phénomène est d’abord démographique : la baisse des naissances depuis 2010 réduit mécaniquement la taille des générations entrantes dans le système éducatif .
- Le premier degré est le premier impacté (-933 000 élèves d’ici 2035)
- Le second degré suit avec décalage (-743 800 élèves)


Mais ce qui est déterminant pour le sport, c’est le calendrier :
- 2025–2028 : choc sur le préélémentaire et les jeunes enfants
- 2029–2033 : basculement sur l’école élémentaire (cœur des licenciés)
- À partir de 2034 : impact massif sur les collégiens et lycéens
Le réservoir principal des clubs sportifs va se contracter progressivement sur toute la décennie.

2. Des pyramides qui annoncent déjà le basculement
La comparaison des pyramides de population 2025 / 2035 est sans ambiguïté :
- Un resserrement net des classes d’âge 0–20 ans
- Un vieillissement global de la population
- Une diminution des cohortes scolaires futures
Or, la pyramide des licenciés montre aujourd’hui une réalité structurante :
- Le sport fédéral repose massivement sur les jeunes
- Les 10–14 ans et 15–19 ans constituent les plus gros volumes
Conséquence directe : Moins d’enfants = moins de licenciés à moyen terme Mais l’analyse par catégorie de fédération affine fortement le diagnostic.


3. Des impacts très différenciés selon les fédérations
Fédérations olympiques : une dépendance critique aux jeunes
- 9,25 millions de licenciés
- Très forte concentration sur les 10–20 ans
Elles seront les plus exposées à la baisse démographique, Le risque : baisse mécanique des effectifs et fragilisation du modèle club.

Fédérations scolaires et universitaires : les premières touchées
- 3,07 millions de licenciés
- Directement indexées sur les effectifs scolaires
Impact immédiat et massif. Elles sont le thermomètre avancé de la crise à venir

Fédérations délégataire non olympiques : un choc différé mais réel
- 1,83 million de licenciés
- Répartition plus équilibrée par âge
Moins dépendantes des jeunes… mais subiront une érosion progressive du vivier

Fédérations multisports affinitaires : une opportunité
- Forte présence des adultes et seniors
- Majorité féminine
Elles pourraient bénéficier du vieillissement de la population et capter une partie de la demande sportive hors compétition sous réserve de savoir s’adapter.

Fédérations handisport et para : une dynamique spécifique
- Base plus réduite mais en croissance
- Public plus diversifié en âge
Moins sensibles à la démographie scolaire mais globalement concernée également.

Un basculement du modèle sportif plus que des effectifs
Ce que révèlent ces projections n’est pas seulement une baisse du nombre de jeunes, mais un changement profond de la structure même du public sportif.
Le sport fédéral français, historiquement construit sur une base large de pratiquants scolaires et adolescents, voit son socle démographique se contracter durablement. À horizon 2030–2035, ce ne sont pas uniquement les volumes qui seront affectés, mais l’ensemble de la chaîne : détection, formation, bénévolat, économie des clubs.
Derrière la « vague sismique » évoquée pour l’Éducation nationale se dessine en réalité une recomposition silencieuse du modèle sportif : moins centré sur les jeunes, plus dépendant de sa capacité à fidéliser, diversifier et élargir ses publics. La question n’est donc plus seulement « combien de pratiquants demain ? » Mais bien : qui seront les pratiquants du sport français ?
Alors C’est quoi le club sportif de demain ? un club à 360°? par Patrick Bayeux des #EGS s’imposent.



