COJOP Paris 2024 : la Cour des comptes salue une organisation globalement maîtrisée mais souligne plusieurs fragilités structurelles
Dans ses observations définitives publiées en février 2026, la Cour des comptes dresse un bilan nuancé de la gestion du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 (COJOP). Si le rapport souligne une organisation opérationnelle globalement maîtrisée et un pilotage budgétaire ayant permis de dégager un excédent final estimé à 75,7 M€, il met également en évidence plusieurs fragilités structurelles concernant la gouvernance, les achats, les ressources humaines, la prévention des atteintes à la probité et la gestion de l’héritage. La Cour présente enfin ces observations comme un retour d’expérience utile dans la perspective des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver organisés dans les Alpes françaises en 2030.
Une gouvernance et une organisation progressivement adaptées à la livraison des Jeux
La Cour des comptes souligne que le COJOP a progressivement adapté son organisation à l’approche des Jeux afin de répondre aux contraintes opérationnelles de l’événement. Après une première phase très centralisée, le comité a déconcentré son fonctionnement au niveau des sites de compétition et renforcé la coordination des opérations. La Cour met également en avant le rôle déterminant du comité d’audit dans le pilotage des risques financiers et opérationnels, ainsi que la coopération jugée efficace entre le COJOP, l’État et les collectivités.
Sur le plan financier, les recettes du COJOP se sont établies à 4 494,2 M€ pour 4 418,5 M€ de dépenses, soit un résultat bénéficiaire estimé à 75,7 M€. La Cour considère que la hausse des dépenses est restée relativement modérée au regard des surcoûts généralement observés pour les grands événements sportifs internationaux. Elle souligne également le dynamisme de la billetterie et des partenariats, ainsi que la capacité d’adaptation du comité face aux risques budgétaires et aux aléas opérationnels.
Des limites identifiées sur la gouvernance, les achats et l’héritage
Le rapport relève plusieurs fragilités structurelles. La Cour mentionne une sous-budgétisation initiale du projet, des difficultés de prévision et de traçabilité des achats, ainsi qu’un cadre juridique jugé incomplet concernant la prévention des atteintes à la probité. Elle observe également des faiblesses dans certaines procédures d’achat et dans l’archivage des marchés.
Concernant les ressources humaines, la Cour souligne l’ampleur atypique de la montée en charge des effectifs et le coût du plan de sauvegarde de l’emploi mis en œuvre après les Jeux. Elle relève aussi plusieurs manquements identifiés par la CNIL concernant la gestion des données personnelles. Enfin, le rapport estime que le fonds de dotation « Paris 2024 » a fonctionné de manière très imbriquée avec le COJOP. Ces observations sont présentées comme un retour d’expérience utile pour la préparation des Jeux d’hiver Alpes françaises 2030.
Les principaux constats de la Cour des comptes
Les éléments mis en avant par la Cour
- Une organisation opérationnelle progressivement adaptée à la livraison des Jeux
- Une gouvernance déconcentrée au niveau des sites à l’approche de l’événement
- Un rôle central du comité d’audit dans le pilotage des risques
- Une coopération jugée efficace entre le COJOP, l’État et les partenaires publics
- Un pilotage budgétaire qualifié d’efficace
- Un résultat bénéficiaire estimé à 75,7 M€
- Des recettes dynamiques, notamment sur la billetterie et les partenariats
- Une bonne capacité d’adaptation face aux aléas opérationnels et budgétaires
Les fragilités et limites relevées
- Une sous-budgétisation initiale du projet olympique
- Des difficultés de prévision et de traçabilité des achats
- Des faiblesses dans l’exécution et l’archivage de certains marchés
- Un cadre juridique incomplet en matière de prévention des atteintes à la probité
- Des divergences d’appréciation avec l’Agence française anticorruption
- Un coût élevé des mesures de fin d’activité et du plan de sauvegarde de l’emploi
- Plusieurs manquements relevés par la CNIL sur la gestion des données personnelles
- Une gouvernance du fonds de dotation « Paris 2024 » jugée fortement imbriquée avec celle du COJOP
- Des risques persistants liés à la liquidation et aux contentieux en cours


