Ce Week-End j’ai fait les championnats du monde d’IronMan à Hawaï

Alors comment dire, comment écrire, comment raconter … je me lance. J’en parle beaucoup de sport, mais j’en fait aussi. Je voulais vous faire partager ce moment exceptionnel.
C’est le 3ème IM de l’année aprés Saint Georges (championnat du monde 2021 reporté ), les championnats d’Europe à Hambourg.

A lire le premier post sur Saint Georges (championnat du monde 2021 reporté en mai 2022 )

A lire les championnats d’Europe à Hambourg (début juin 2022)

j’étais fin prêt pour Hawaï, le mythe, le graal de tout triathlète longue distance. Moi je l’ai en tête depuis trés trés longtemps, début des années 80 je pense, et les années Mark Allen à Nice. Pour l’anecdote j’ai fait mon premier triathlon à Vendome en 1986. . Aprés la course j’étais directement rentré chez moi. Un copain m’a ramené la coupe chez moi le lendemain …. J’avais fini 3ème de ma catégorie.

Prêt je l’étais, 20 h d’entrainement par semaine au cours des 2 derniers mois, plus une goutte d’alcool, même pas une bière. Un entrainement au jour le jour puisque je n’ai jamais eu de plan d’entrainement et que ça a toujours fonctionné alors continuons comme ça. C’était mon 30 ème IM

J’étais prêt, j’étais bien.

Arrivé le dimanche soir sur Kona (la course était le samedi suivant), aprés 30 h de voyage pour avoir le temps de récupérer, j’ai pu me mettre dans l’ambiance et vivre au coeur de l’évènement.
Un évènement créé de toute pièce, une organisation à la fois gigantesque mais se fondant dans le décors hawaïen du village de Kona. Une organisation à la fois démesurée à 2 jours d’intervalle le 6 et le 8 octobre, 2 IM avec chaque fois plus de 2500 participants mais fluide, bon enfant, familiale où tout le monde déambule avec le sourire.

Le premier matin à 6 h tu vas nager quelques 2 ou 3 km pour te remettre du décalage horaire. Et puis tu remontes le vélo, tu vérifies qu’il n’a pas subi de perturbations pendant le vol et tu pars « biker » 60 kms sur l’autoroute vers l’aéroport. On se suit on se croise. On a chaud. ça aurait du me mettre la puce à l’oreille. J’ai fait une sortie de 60 kms, mais au bout de 35 kms j’avais vidé mon bidon. J’avais vu sur FB des photos avec des habitants qui proposaient de l’eau, c’est pour ça que je suis parti avec un seul bidon, le problème c’est que je n’ai pas vu une habitation, et un habitant. J’ai dû sortir de la 2 x 2 voies pour finalement arrêter une voiture avec un monsieur qui m’a gentiment rempli ma gourde. La température ressentie était de 36 – 37 ° 80 % d’humidité, ce jour là c’était le mardi pas de vent.

Les premiers jours tu découvres le site. T’en prends plein la vue. Sur le mur des inscrits mon nom figure juste au dessus de celui de Kristian Blummenfelt champion olympique et champion du monde en titre … Il n’y a que cette épreuve qui te permet de cotoyer le top mondial. C’est la magie d’IronMan mais j’en avais déjà parlé là.

2 sorties légères en course à pied pour réactiver la machine et tous les matins un peu de natation. En même temps tu essaies de bien manger, pas toujours facile aux USA, de bien dormir, encore moins facile.

Le 6 c’était la course des femmes et de certaines catégories d’hommes (les 50 54 et les plus de 60 ans ). Moi je suis dans la tranche 55 59. Pas possible de sortir de l’hotel qui était au coeur de l’évènement à quelques mètres du pier transformé en parc à vélo, à quelques mètres de la zone d’arrivée, de la tente médicale, …
Avoir une chambre à l’hôtel au coeur de l’évènement a largement bonifié mon expérience de coureur pour reprendre des termes à la mode et Helène son expérience de « coach ». Antoine qui d’habitude nous accompagne était resté à toulouse. Collège oblige.

Le 6 on l’a passé à regarder le live soit devant la chaine youtube IM soit de visu la course. Exceptionnelles les femmes. ça semble si facile.

Le lendemain petite sortie natation, 20 km à vélo avec Sylvain Laur et c’est parti pour la constitution des sacs. Ne rien oublier, tout anticiper. J’ai appris à mes dépens que le moindre détail compte. Je fais le choix de laisser le casque et les chaussures sur le vélo, de ne pas mettre de chaussette pour le vélo (pendant la transition tu cours à coté du vélo jusqu’à la zone autorisée pour monter sur le vélo). Je prévois des cachets de sels, les gels, le sandwich. Dépot du vélo, dépot des sacs, … Tout est en place y a plus qu’à.

Je dors bien (bon avec un demi denormyl quand même). Le samedi 8 : 5 h 15 debout. Petit déjeuner dans la chambre et c’est parti. On prend notre temps. L’avantage dans ma tranche d’âge c’est que je pars dans la dernière vague. L’inconvénient c’est que c’est un départ tardif et que t’as plus de chance de prendre le vent sur le vélo m’avait prévenu un coureur, ça n’a pas loupé.

Le départ dans l’eau est particulier. Tu nages jusqu’à une ligne fictive. Bien sur tu n’as pas pied ! A Hawaii c’est par tranche d’âge et tu patientes (8 à 10 min) sur place. Au coup de klaxonne, c’est parti tout le monde se met en route en même temps, ça frite jusqu’au 500 mètres aprés ça s’étend. Natation sans combinaison néoprène dans une eau à 26 °C un bonheur, un aller retour. Sans combi je pensais mettre 1 h 20 finalement je sors en 1 h 17. Dans l’objectif.

La transition se déroule impeccable. C’est parti pour 180 km de vélo. La cote à la sortie, tu tournes à gauche. Le parcours je le connais presque par coeur je l’ai fait maintes fois dans mon garage devant mon écran. Une petite boucle de 10 km et on attaque l’autoroute. Tout de suite je sens le vent. Et là je me dis, ça risque d’être plus compliqué que prévu. Mais les jambes sont là. Je suis bien. Le parcours est un aller retour. A 95 km tu fais demi tour et on rentre. 90 km avec le vent dans le nez sur un parcours fait de faux plat. C’est à l’aller qu’on prend les 2/3 du dénivelé qui au total fait 1400m. Je gère l’aller même si c’est plus dur que dans le garage, il fait chaud les lignes droites n’en finissent pas, les faux plats cassent les pattes. Demi tour. Je suis à prés de 30 de moyenne. Correct vu le vent et là tu as 10 15 bornes de quasi descente, ça envoie entre 40 et 60 kmh.

C’est au 108 km précisément que la tuile arrive. Une crampe à la cuisse gauche. Je n’en n’ai jamais eu sur le vélo sur un Iron man. Juste une ou deux fois au 30 ème sur le marathon. Obligé de m’arrêter. Et pourtant j’avais commencé à prendre des cachets de sels. La tuile. Ces crampes je les reconnais. j’en avais eu dans mon garage au retour d’une semaine en écosse fin aout au bout de 80 km, bizarre j’avais mis ça sur le compte du changement d’alimentation.

Sauf qu’au 108 il reste 72 km et un marathon et là tu te dis que ça va être long. Tu te refais le film dans la tête. Tu te dis qu’est ce que j’ai loupé, pourquoi aujourd’hui. Arrété sur la voie d’urgence pour faire passer la crampe, les mecs me doublent « OK guys ? » je réponds « OK thanks » Je repars je force en peu plus sur la jambe droite et bingo au 120 c’est la droite qui crampe. Au 140 ce sont les 2. Au total je me suis arrêté 4 fois à vélo. Heureusement les cachets de sels (en tout cas c’est ce que je pense) font effet, je bois, je m’arrose et je finis. 5 h 54. un peu plus de 30 de moyenne c’est au dessus de mes prévisions. Dans mon garage je tournais en 5 h 15. Je pensais pouvoir faire entre 5 h 30 et 5 h 40.

Seconde transition, je préviens Hélène que se tient juste à la descente du vélo que j’ai des crampes. Elle me crie « tiens bon tiens bon » Et c’est parti pour le marathon. « go go go » Ses encouragements, ceux que tu sens de ta famille, de tes amis qui te suivent via les applis, t’es à Hawaii hors de question d’abandonner. De toute façon je les ai tous fini. Par contre celui ci dans quel état ?

Départ vers l’inconnu : le marathon. Je pars sans doute un peu trop vite. J’ai chaud, je mets de la glace dans la casquette dans le cuissard, mais rapidement je vois que les jambes sont raides au bord des crampes et qu’il va falloir gérer. Les premiers 10 km sont en ville avec de nombreux spectateurs « good job » « good job » «  you’r an iron man » euh pas encore il reste 35 bornes. Au bout de 10 km une crampe me rappelle qu’il faut continuer de gérer. Stoppé net, je repars. 500 m de montée que je fais en marchant … et hop c’est reparti sur la 2 x 2 voies vers l’aéroport. Il fait toujours aussi chaud. Je gère de ravito en ravito. Au 15 ème surprise l’ami Matthieu Van Veen Matthieu van Veen le boss des revenus d’iron man me tape sur l’épaule, il est à coté de moi sur son scooter électrique un vrai soutien pile au moment où j’en avais besoin. Il me suit quelques centaines de mètres me laisse et me rejoindra vers le 25 ème environ. C’est la aussi que je croise Sylvain Laur avec qui j’avais fait du vélo la veille. Il a quelques km d’avance sur moi. Normal il est 2 ans plus jeune; il a l’air frais . Matthieu m’encourage me dit que je suis frais Je l’écoute, il fait des photos pour immortaliser le moment c’est magnifique, c’est le coucher de soleil.

Je prends mon temps au ravito, je mange des chips, je continue les cachets de sels, je bois et je crampe encore 3 ou 4 fois. Les 10 derniers km en pleine nuit sont inoubliables entre souffrance calme et fraicheur toute relative. Il reste 3 bornes sous l’éclairage public. Une énorme crampe en haut de la descente a failli me faire tomber. Je finis comme un pantin. Dernière ligne droite le public et là. Toutes les émotions te passent par la tête. Fin d’Hawaii ou fin des iron man, tout se bouscule. Toutes les images défilent. Dernière crampe sous la ligne d’arrivée « your are an iron man » crie le speaker c’est la délivrance. Mathieu est devant moi. Hélène juste à coté dans la tribune nous rejoint .
Un marathon en 4 h 45 ça c’était pas prévu du tout. Je pensais mettre entre 3 h 45 et 4h.

Faire Hawaii est exceptionnel. D’abord parce c’est Hawaii et tu sais ce que ça représente pour pouvoir y aller. Ensuite l’ambiance l’environnement est unique. L’émotion sur la ligne d’arrivée est intense. T’as réussi, « Your’r an ironman » oui mais d’Hawaii , ça fait toute la différence. C’est quelque part l’aboutissement d’un parcours. 1 h de moins n’aurait pas changer grand chose bien sur. ça confirme totalement ce que j’avais dans mon précédent post difficile d’aligner les planètes. Mais quelque part ce plaisir inachevé pèsera sur mes choix à venir …

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