Budget sous tension : le sport aussi mis à contribution dans le tour de vis budgétaire du gouvernement

Confronté aux conséquences budgétaires de la guerre au Moyen-Orient et au ralentissement économique, le gouvernement engage un premier tour de vis budgétaire pour maintenir l’objectif d’un déficit public à 5 % du PIB. Tous les ministères sont mis à contribution, y compris le sport, afin de financer notamment les aides aux « gros rouleurs » et l’extension du chèque énergie. Un signal supplémentaire de la tension croissante sur les finances publiques de l’État.

Un effort budgétaire généralisé pour contenir le déficit public

Face aux conséquences économiques et budgétaires de la guerre au Moyen-Orient, le gouvernement engage un premier coup de frein budgétaire afin de préserver l’objectif d’un déficit public limité à 5 % du PIB. Deux projets de décrets transmis aux commissions des finances du Parlement prévoient ainsi 847 millions d’euros d’annulations de crédits et 3,2 milliards d’euros de gels budgétaires. Ces mesures doivent notamment permettre de financer les aides exceptionnelles aux « gros rouleurs » pour 320 millions d’euros ainsi que l’extension du chèque énergie à 700 000 bénéficiaires supplémentaires pour 87 millions d’euros. Les annulations portent principalement sur les réserves de précaution des ministères, c’est-à-dire des crédits mis en réserve pour faire face aux aléas de gestion. Tous les ministères sont concernés, à l’exception des Armées et de la Justice.

Le ministère des Sports participe lui aussi à l’effort demandé par Bercy

Dans ce contexte, le ministère des Sports est lui aussi appelé à contribuer à l’effort collectif. La mission « Sport, jeunesse et vie associative » supportera plus de 6,2 millions d’euros d’annulations cumulées entre les deux décrets, dont 2,65 millions d’euros dans le décret d’annulation de crédits et 3,56 millions d’euros dans le décret d’avance.   Même si ces montants restent limités par rapport aux grandes missions budgétaires de l’État, ils illustrent une logique de contribution généralisée. Les efforts les plus importants concernent notamment le ministère du Travail et de l’Emploi avec près de 100 millions d’euros d’annulations, la Recherche et l’Enseignement supérieur avec plus de 70 millions d’euros, ou encore les Relations avec les collectivités territoriales avec près de 60 millions d’euros de crédits supprimés.  Alors que le gouvernement évoque déjà de nouveaux arbitrages possibles d’ici l’été, ces premiers décrets pourraient n’être qu’une étape supplémentaire dans le durcissement budgétaire à venir.

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Patrick Bayeux

Consultant, Enseignant chercheur, Docteur en sciences de gestion.

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