BPJEPS sport animation : une insertion professionnelle en hausse, mais des parcours plus hybrides
Avec près de 14 500 diplômés en 2023-2024, le BPJEPS confirme son rôle clé dans l’emploi sportif et de l’animation. Si l’insertion progresse nettement en 2025, elle s’accompagne d’une diversification des trajectoires professionnelles et d’une persistance des fragilités, notamment dans le sport selon cette dernière publication des fiches repères de l’INJEP
Neuf mois après la sortie de formation, 79 % des diplômés BPJEPS 2023-2024 sont en emploi, soit une hausse de 4 points par rapport à 2024, retrouvant ainsi le niveau d’avant-crise sanitaire. Cette amélioration masque toutefois une évolution notable : seuls 69 % des diplômés en emploi exercent un poste directement lié à leur formation, contre 74 % l’an passé. Le BPJEPS reste très majoritairement orienté vers l’éducateur sportif (77 % des diplômés), un secteur marqué par la pluriactivité, l’indépendance et une moindre stabilité de l’emploi (49 % de CDI). À l’inverse, l’animation, plus féminisée et plus âgée, offre des parcours globalement plus stables (65 % d’emplois durables). Pilotée par la Direction des sports et traitée statistiquement par l’INJEP, l’enquête confirme ainsi une dynamique positive d’insertion, mais souligne aussi un marché du travail de plus en plus flexible et segmenté selon les spécialités.
Les éléments clés
1. Une stabilité de l’emploi nettement plus faible dans le sport
- Seuls 49 % des diplômés BPJEPS éducateur sportif en emploi occupent un CDI ou assimilé, contre 65 % dans l’animation.
- Même si la situation s’est améliorée depuis l’avant-crise Covid, l’écart structurel avec l’animation demeure important.
2. Une forte précarité liée à la pluriactivité
- Un tiers des éducateurs sportifs en emploi cumulent au moins une activité secondaire rémunérée, soit deux fois plus que dans l’animation.
- Cette pluriactivité traduit souvent :
- des volumes horaires insuffisants,
- une fragmentation des employeurs,
- une dépendance aux saisons sportives.
3. Un recours élevé au travail indépendant
- Parmi les éducateurs sportifs en emploi :
- 16 % travaillent uniquement comme indépendants,
- 22 % cumulent statuts salarié et indépendant.
- À titre de comparaison, ces proportions ne sont respectivement que de 4 % et 7 % dans l’animation, soulignant une fragilité économique plus forte dans le sport.
4. Un lien formation–emploi qui s’érode
- Seuls 66 % des diplômés du sport déclarent que leur emploi principal est directement lié au BPJEPS (contre 71 % en 2024).
- La baisse est plus marquée que dans l’animation et révèle :
- une adaptation contrainte au marché du travail,
- des reconversions ou emplois « par défaut ».
5. Le temps partiel souvent subi
- Parmi les diplômés à temps partiel :
- 48 % des éducateurs sportifs souhaitent travailler davantage.
- Le temps partiel n’est donc pas majoritairement un choix, mais une contrainte liée à l’offre d’emploi disponible.
6. Une insertion incomplète pour les plus fragiles à l’entrée
- Parmi les diplômés qui étaient demandeurs d’emploi avant la formation :
- 20 % des profils sport sont encore demandeurs d’emploi au moment de l’enquête.
- Et parmi eux, 65 % ont connu au moins un emploi de courte durée, signe d’instabilité des parcours.


