Près d’une adolescente sur deux abandonne le sport avant 15 ans, souvent sans l’avoir réellement choisi.. Derrière ce décrochage massif se cache moins un désamour du sport qu’un système de pratiques, de normes et d’organisations peu adaptées aux réalités vécues par les jeunes filles. L’étude MGEN menée avec Kantar, révèle des chiffres chocs et montre comment l’ignorance du corps féminin, les pressions sociales et esthétiques, les exigences de performance constituent des freins à la pratique…

L’étude nationale MGEN / Kantar met en lumière un phénomène préoccupant : 49 % des adolescentes arrêtent le sport avant 15 ans, un taux six fois supérieur à celui des garçons. Contrairement aux idées reçues, cet abandon n’est pas majoritairement volontaire : 45,2 % des jeunes filles déclarent avoir cessé une pratique qu’elles aimaient, sous l’effet de contraintes extérieures.
Quatre freins principaux expliquent ce décrochage : la non-prise en compte des spécificités du corps féminin, un environnement sportif vécu comme peu bienveillant, une accessibilité limitée de l’offre sportive, et une culture de la compétition jugée dissuasive.
Ces obstacles, loin d’être marginaux, touchent une majorité d’adolescentes et transforment le sport en source de pression plutôt qu’en espace d’épanouissement. L’abandon précoce conditionne ensuite une trajectoire durable de sédentarité et creuse des inégalités de santé, de confiance et de rapport au corps tout au long de la vie. Cette étude pose ainsi le décrochage sportif des adolescentes comme un véritable enjeu de société et de santé publique.
Les éléments clés
Une étude inédite
- Enquête nationale quantitative auprès de 507 jeunes filles de 13 à 20 ans
- Approche qualitative complémentaire avec 48 adolescentes en focus groupes
Un constat majeur
- 49 % des adolescentes arrêtent le sport avant 15 ans
- 45,2 % abandonnent malgré un intérêt réel pour la pratique
Quatre freins structurants
- Corps féminin et puberté insuffisamment pris en compte
- Pressions sociales, insécurité et sexisme dans les lieux de pratique
- Manque d’accessibilité (coût, offre, horaires, proximité)
- Culture de la compétition vécue comme excluante
Un enjeu de long terme
- Décrochage sportif = inégalités durables de santé, de confiance et d’accès aux bénéfices du sport
- Un fort potentiel de reprise, à condition de repenser l’expérience sportive des filles


