Ultra-trail : plus la distance s’allonge, plus les femmes se rapprochent des meilleurs hommes par Mathilde Plard

Alors que l’Ultra-Trail du Mont-Blanc se tient du 24 au 30 août 2026, les performances féminines sur les très longues distances révèlent un paradoxe : plus les distances augmentent, plus l’écart avec les meilleurs hommes se réduit, mais moins les femmes sont nombreuses au départ selon cet article de Mathilde Plard Chercheuse CNRS – UMR ESO, Université d’Angers dans The conversation. La victoire de Rachel Entrekin sur les 402 km du Cocodona 250, en mai 2026, illustre cette capacité à rivaliser au plus haut niveau. Une sous-représentation que la physiologie ne suffit pas à expliquer.

Des performances qui convergent avec la distance

Les données présentées montrent que les femmes représentent 40 % des participants sur 10 km, avec un écart de performance de 19 % entre la meilleure femme et le meilleur homme. Sur 100 miles, elles ne sont plus que 16 %, mais l’écart tombe à 4,5 %, puis à seulement 3 % au-delà de 200 km, où elles représentent moins de 10 % des participants. La physiologie peut expliquer en partie ce rapprochement, grâce notamment à une meilleure résistance à la fatigue et à une gestion plus économe de l’énergie dans les épreuves d’endurance extrême. Mais ces avantages s’accompagnent aussi de risques spécifiques, notamment celui du déficit énergétique relatif dans le sport.

Une sous-représentation qui tient aussi aux conditions d’accès

L’article met surtout en avant des facteurs sociaux pour expliquer la faible présence féminine : temps d’entraînement réduit par les tâches domestiques, coût des équipements et des inscriptions, manque de modèles ou encore insécurité lors des entraînements nocturnes. Les écarts entre pays renforcent cette analyse : les femmes représentent 34 % des finisheurs au Canada et 31 % aux États-Unis, contre 17 % en France. Pour l’UTMB 2026, elles ne constituent que 18 % des candidatures, dans un système où l’accès à la loterie suppose d’avoir déjà accumulé des courses, donc du temps et des moyens. Pour l’auteure, mieux comprendre ce paradoxe suppose donc des données ouvertes et sexuées, mais aussi de replacer les performances féminines dans une histoire continue plutôt que de les présenter comme des exceptions.

Lien vers l’article sur le site de the conversation

partager
Twitter
LinkedIn
Facebook
Email
Imprimer
Cet article vous a-t-il été utile ?

contributeur

Image de Patrick Bayeux
Patrick Bayeux

Consultant, Enseignant chercheur, Docteur en sciences de gestion.

plus d'articles

La quinzaine des décideurs

Recevez les derniers articles dans votre boîte aux lettres électronique.

catégories

tags

à lire aussi

Nous apprécions vos commentaires utiles !

N'oubliez pas de nous suivre sur nos réseaux sociaux.

A quel point cet article vous a-t-il été utile ?

Cet artcile ne vous a pas été utile?

Newsletter Gratuite

Abonnez-vous à notre newsletter et recevez toute l'actualité des décideurs du sport.

Alertes tous les jours sur votre messagerie