SESAME 2026 : le sport face aux métiers en tension, priorité à la filière aquatique
Face à une montée inquiétante des abandons et des échecs aux examens, le dispositif SESAME (Dispositif Sésame vers l’emploi dans le sport et l’animation pour les métiers de l’encadrement) entre dans une phase de recentrage stratégique. L’instruction 2026 fixe un cap clair : moins de parcours sans issue, davantage de formations qualifiantes et une priorité assumée aux métiers en tension du sport et de l’animation.
Doté de 3,17 millions d’euros en 2026, le dispositif SESAME (« Sésame vers l’emploi pour le sport et l’animation dans les métiers de l’encadrement ») poursuit son objectif d’accompagnement des jeunes éloignés de l’emploi vers une qualification professionnelle dans les secteurs du sport et de l’animation. Piloté par les Drajes et les SDJES, il cible prioritairement les jeunes issus des QPV, ZRR ou rencontrant des difficultés sociales et scolaires.
Mais l’année 2026 marque surtout un tournant dans le pilotage du dispositif. L’État reconnaît explicitement la dégradation des résultats observée depuis 2020 : le taux d’insuccès atteint désormais 56,5 %, tandis que les parcours qualifiants sont en recul. L’instruction impose donc un accompagnement renforcé, une meilleure articulation avec l’alternance et les dispositifs de droit commun, ainsi qu’un recentrage sur les formations débouchant sur des métiers en tension, notamment dans la filière aquatique et l’animation.
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Un dispositif recentré sur la réussite des parcours qualifiants
L’instruction 2026 acte une évolution importante de la philosophie du dispositif. Jusqu’ici centré sur l’entrée dans un parcours d’insertion, SESAME devra désormais démontrer sa capacité à conduire les jeunes jusqu’à la qualification et à l’emploi durable. Le ministère fixe ainsi un objectif national de 40 % minimum de bénéficiaires engagés dans un parcours qualifiant diplômant, contre seulement 31,8 % constatés en 2024.
Cette orientation s’accompagne d’un changement des pratiques attendues des référents SESAME dans les territoires. Les SDJES devront davantage sélectionner les jeunes capables de s’engager à court ou moyen terme dans une formation qualifiante, limiter les préqualifications sans débouché et mettre en place un suivi individualisé renforcé. L’instruction insiste également sur la prévention du décrochage grâce à des systèmes d’alerte précoce, des bilans réguliers et un accompagnement des freins périphériques : mobilité, logement, santé mentale ou soutien pédagogique.
Les métiers en tension deviennent la priorité stratégique
Comme en 2025, les métiers en tension structurent fortement les priorités du dispositif. L’État cible en particulier la filière aquatique, confrontée à des pénuries persistantes de maîtres-nageurs et surveillants aquatiques. Les formations BNSSA et BPJEPS Activités aquatiques et de la natation sont explicitement identifiées comme prioritaires. Même logique pour les métiers de l’animation, où les parcours CPJEPS et BPJEPS animation devront être privilégiés.
Cette logique de sécurisation des parcours passe également par un recours accru à l’alternance et aux contrats aidés. Les collectivités, clubs sportifs, fédérations et associations sont appelés à jouer un rôle plus actif dans l’accueil des jeunes en apprentissage ou en professionnalisation. Les organismes de formation seront, eux aussi, davantage responsabilisés, avec des engagements attendus sur les taux de réussite, le suivi pédagogique et le reporting des difficultés rencontrées par les bénéficiaires.
Chiffres clés
- 3,17 M€ mobilisés pour SESAME en 2026
- 72 % des crédits consacrés au sport (BOP 219)
- 28 % des crédits consacrés à l’animation (BOP 163)
- 1 585 nouvelles entrées ciblées en 2026
- 65 % minimum de bénéficiaires issus des QPV ou ZRR
- 40 % minimum de femmes bénéficiaires
- 40 % minimum de parcours qualifiants diplômants
- 56,5 % : taux d’insuccès constaté en 2024
- Objectif 2026 : repasser sous les 50 % d’insuccès
- 489 659 € attribués à l’Île-de-France, première enveloppe régionale
- 301 413 € pour Auvergne-Rhône-Alpes
- 304 891 € pour Hauts-de-France
- Priorité donnée aux formations :
Lien vers l’instruction NOR : SPOV2609882J Instruction : du 9-4-2026


