Vincent Duluc et la fin d’une certaine idée du journalisme sportif

« Il n’y a plus un joueur de l’équipe de France à qui je parle directement au téléphone. » En une phrase, Vincent Duluc résume, dans un entretien à la revue des médias, la transformation profonde du journalisme sportif. À l’heure des influenceurs accrédités et des zones mixtes verrouillées, l’accès aux champions n’est plus ce qu’il était.


Dans Le roman de L’Équipe (Stock), Vincent Duluc, plume historique du quotidien L’Équipe et président de l’Union des journalistes sportifs de France (UJSF), revient sur trente années au cœur du sport français. Il y décrit un métier profondément bouleversé : fin des entraînements ouverts, disparition des échanges directs avec les joueurs, contrôle accru des clubs sur la narration médiatique. Là où, dans les années 1990, les journalistes entraient dans les vestiaires, l’accès se limite aujourd’hui aux conférences de presse et aux zones mixtes.

Face à l’arrivée des influenceurs, aux accréditations directes par la FIFA et à la montée en puissance des diffuseurs, Duluc défend l’indépendance journalistique comme un enjeu démocratique. Il assume l’évolution vers un métier « à 360° » — newsletters, vidéos, podcasts — sans renoncer à la mission première : enquêter, vérifier, informer. À ses yeux, l’histoire du scoop sur Lance Armstrong demeure la preuve que l’information peut encore primer sur les intérêts économiques.

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Patrick Bayeux

Consultant, Enseignant chercheur, Docteur en sciences de gestion.

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