Quand la commémoration entre en piste : la neutralité olympique à l’épreuve par Carine Duteil et Arnaud Richard
Le skeletoneur ukrainien Vladyslav Heraskevych a été disqualifié pour avoir refusé de retirer son « helmet of remembrance » lors des Jeux de Milan-Cortina 2026.
Le CIO a considéré ce casque comme une violation de la règle 50, qui interdit toute démonstration politique sur l’aire de compétition.
Cette affaire interroge la définition et les limites de la neutralité revendiquée par les institutions sportives internationales pour Carine Duteil et Arnaud Richard
Une règle qui limite l’expression sur l’aire de compétition
Le CIO a jugé que le casque rendant hommage à des sportifs ukrainiens morts constituait une violation de la règle 50 de la Charte olympique. Malgré une proposition de compromis, l’athlète a refusé et a été retiré de la liste de départ, décision confirmée par le Tribunal arbitral du sport. Le CAS a rappelé que la liberté d’expression reste limitée sur l’aire de compétition, même si d’autres espaces permettent l’expression personnelle des sportifs.
Une neutralité fondée sur la gestion de la visibilité et des lieux
La règle 50 repose désormais sur une distinction entre l’aire de compétition et les espaces périphériques, où certaines expressions sont tolérées. Cette neutralité vise à préserver la cohérence symbolique des Jeux et à éviter la multiplication de messages politiques pendant les épreuves. Pour Carine Duteil Maître de Conférences en linguistique et sciences de l’information & de la communication, Université de Limoges et Arnaud Richard Professeur des universités en sciences du langage, Université de Toulon, l’affaire Heraskevych met en lumière les tensions entre cette logique de neutralité et la visibilité de situations liées à des conflits ou à des expériences vécues par les athlètes.


