Grands événements internationaux, sportifs, culturels et technologiques en France : la vitrine mondiale ne suffit plus à faire influence
Coupe du monde de rugby, JO de Paris 2024, Cannes, Fashion Week, Tour de France, Roland-Garros, VivaTech… la France multiplie les grands événements et la visibilité internationale.
Mais, dans un espace numérique fragmenté, l’attention ne garantit plus l’adhésion.
L’influence se joue désormais dans la capacité à maîtriser, adapter et co-produire des récits crédibles selon ce rapport de SKEMA Publika (think tank de SKEMA Business School) signé Claude Revel, Frédérique Vidal et Sean Scull.
Rédigé par Claude Revel, Frédérique Vidal et Sean Scull, avec la contribution de Grégoire KRAOUL–RIERA & Marin-Marie LE BRIS, en collaboration avec Matthieu LEVRAY, Julien KMEID & Léo CASALI
du cabinet Antidox ce rapport de SKEMA Publika (think tank de SKEMA Business School), réalisé avec le concours du cabinet Antidox, analyse l’impact de sept grands événements organisés en France entre 2022 et 2024 sur l’image du pays à l’international.
L’étude s’appuie sur une extraction et une classification des conversations sur X (Twitter) en français et en anglais, complétées par une lecture qualitative des contenus les plus engageants.
Elle montre que les événements “uniques” à très forte visibilité (Coupe du monde de rugby 2023, JO Paris 2024) déclenchent une adhésion émotionnelle forte, souvent plus positive à l’international qu’en France, mais restent vulnérables aux controverses symboliques.
Les événements culturels de prestige (Cannes, Fashion Week) entretiennent l’aura française tout en révélant une compétition accrue et des tentatives de réappropriation par d’autres nations.Les compétitions sportives récurrentes (Roland-Garros, Tour de France) stabilisent un récit plus durable, consensuel et territorial.
VivaTech confirme un rayonnement technologique réel mais un ancrage national plus faible : l’événement fonctionne davantage comme hub mondial que comme “modèle français” lisible.
La polyphonie des récits
Le rapport souligne enfin la polyphonie des récits : institutions, organisateurs, influenceurs et communautés en ligne co-produisent et redéfinissent le message en temps réel.
En conclusion pour les auteurs, l’influence ne se décrète plus par la visibilité, elle se construit par la cohérence, l’anticipation et une stratégie numérique durable et mesurable.
Passer de “l’événement-vitrine” à une stratégie d’influence continue
Le rapport met en évidence cette nécessité de passer de l’évènement vitrine à une stratégie d’influence continue. il s’agit notamment de :
- Renforcer la gouvernance interministérielle : clarifier les priorités géographiques et sectorielles.
- Adapter le récit selon les publics et les langues : distinguer les sphères francophone / anglophone et leurs codes de réception.
- Co-produire les narrations plutôt que communiquer “en surplomb” : passer à des dispositifs de cocréation avec influenceurs, médias, marques, avec un cadre contractuel et une évaluation.
- Anticiper les controverses : mettre en place une préparation pluridisciplinaire + des cellules de veille multilingues capables de répondre en temps réel.
- Investir durablement la présence numérique équipes professionnelles renforcées, formats adaptés aux nouveaux usages, et suivi précis de l’impact des communications.
8 recommandations
Le rapport formule 8 recommandations
1. Gouvernance et priorisation: renforcer la coordination interministérielle et la cohérence des actions entre acteurs publics, privés et territoriaux
2. Architecture des récits: adapter le récit national aux spécificités linguistiques, culturelles et symboliques des publics
3. Communication partenariale: passer d’une logique de communication descendante à une cocréation de contenus
4. Gestion anticipée des controverses: les cérémonies et campagnes, réels symboles de l’événement, doivent être testées en amont à l’aide d’analyses pluridisciplinaires
5. Veille et réponse en temps réel: déployer des cellules de veille multilingues sur les réseaux sociaux lors de chaque grand événement, capables de détecter et d’analyser les tendances, rumeurs ou campagnes hostiles
6. Présence numérique renforcée: faire du numérique un pilier à part entière de la politique d’influence
7. Mesure de l’influence: définir des indicateurs pour évaluer la performance des outils de soft power
8. Boucle d’amélioration continue: mettre en place un retour d’expérience systématique à l’issue de chaque grand événement


