Neige de culture : un investissement public à l’efficacité économique en question selon Jonathan Cognard et Lucas Berard-Chenu
Face au recul de l’enneigement naturel, les stations de ski ont massivement investi dans la neige de culture pour sécuriser leur modèle économique. Mais l’analyse de quinze années de données montre selon Jonathan Cognard Docteur en économie écologique, Inrae Lucas Berard-Chenu Chercheur en géographie, INRAE, Univ.Grenoble Alpes, France, Inrae, que ces investissements n’ont pas amélioré la rentabilité des exploitants. De quoi interroger la pertinence d’un soutien public devenu quasi systématique.
La production de neige s’est imposée comme la principale stratégie d’adaptation des stations de sports d’hiver au changement climatique, soutenue par des investissements lourds, souvent financés en partie par des fonds publics. Une analyse portant sur 56 exploitations de remontées mécaniques alpines entre 2004 et 2019 montre pourtant que ces investissements n’ont pas eu d’effet significatif sur le chiffre d’affaires ni sur l’excédent brut d’exploitation, y compris lors des hivers les moins enneigés. À l’inverse, l’altitude demeure le principal facteur de résilience économique. Ces résultats, cohérents avec de nombreux travaux scientifiques antérieurs, ne condamnent pas la neige de culture en tant que telle, mais questionnent sa capacité à constituer une stratégie économique de long terme face à l’intensification du changement climatique et justifient un réexamen du bien-fondé du soutien public à ces équipements.


