Gouvernance et financement sont intimement liés

Révolution c’est le mot choisi par Laura Flessel, ministre des Sports, pour qualifier la nouvelle gouvernance du sport. Là où ses prédécesseurs ont échoué, est-elle en train de réussir la transformation du modèle sportif français mis en place dans les années 1960 ? Un peu tôt pour le dire car les décisions budgétaires ne sont pas encore arrêtées mais reconnaissons-lui déjà le courage de s’être lancée, certes à la demande de l’Élysée et du Premier ministre et avec l’insistance du mouvement sportif, dans cette démarche.

Pour ce faire, elle a choisi une démarche de large concertation sur laquelle nous revenons dans ce numéro. Cette méthode a permis d’écarter trois modèles : la continuité, le transfert de l’organisation au Comité olympique (modèle italien), et le modèle séparant, d’une part, le haut niveau qui relèverait de l’État et, d’autre part, le développement des pratiques qui relèverait des collectivités et du mouvement sportif. Un troisième modèle qui aurait pu tenter ceux qui veulent faire des économies sur le budget sport de l’État. Mais comment expliquer aux acteurs des territoires avec l’engouement
sans précédent soulevé par l’attribution des Jeux à Paris que seul l’État gérerait le haut niveau.

Le modèle choisi, par consensus, repose sur la création d’une agence de financement et d’appui à la haute performance sportive et au développement des pratiques, agence dans laquelle sont représentés les grands acteurs sans que l’un ne soit prépondérant sur l’autre. Elle a vocation à financer la performance, d’une part, et le développement, d’autre part, avec deux axes : les fédérations (et les clubs) et les grandes politiques publiques comme le sport-santé, le sport d’entreprise, le sport
comme vecteur de remédiation sociale ou la lutte contre les discriminations dans le sport… L’agence a également vocation à soutenir les projets initiés par les acteurs sur les territoires.

Un financement insuffisant remettrait en cause cette gouvernance partagée et poserait la question de la place de l’État dans l’organisation territoriale du sport. C’est pourquoi le mouvement sportif a notamment proposé un pacte de confiance pour réussir les jeux (80 médailles, c’est l’objectif fi xé par la ministre) et préparer l’héritage (plus de 3 millions de pratiquants) en demandant un déplafonnement des trois taxes qui financent actuellement le sport soit une enveloppe de près de 400 millions d’euros.

« Révolution » c’est le titre du livre du président de la République pendant la présidentielle
avec pour sous-titre « C’est notre combat pour la France ». Révolution « c’est notre combat pour le sport ». Un combat qui ne peut s’envisager pour le peuple sportif avec une diminution de moyens.

PS : À l’heure où nous écrivons ces lignes, le chantier gouvernance n’est pas terminé. Merci aux
membres du comité de pilotage de nous avoir permis de réaliser ce numéro spécial à l’occasion
du 200e titre d’Acteurs du sport.

Publié dans acteurs du sport n°200

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