La deuxième ligne du sport oubliée : ça chauffe dans les quartiers

Dans une tribune intitulée Le sport des quartiers « au bord du gouffre » reprise par un grand nombre de titres de la presse régionale, plus de 80 sportifs, présidents d’associations et de fédérations, élus maires ou adjoints réclament un « Grenelle de l’éducation et de l’inclusion par le sport » et la création d’un fonds de 50 millions d’euros qui doit garantir la « survie des associations impliquées dans les quartiers ».

Repris également ce week-end par l’équipe « Le SOS des associations sportives de quartier en grande difficulté économique » ,  la tribune dénonce  « la suppression de plusieurs dizaines de milliers d’emplois aidés initiée depuis 2017 » qui « a cassé les dynamiques déjà très fragiles portées par des milliers d’acteurs sur le terrain ».

Oubliés dans les 400 millions d’euros

«  Nous sommes au bord du gouffre »,  «  peu reconnus par les acteurs institutionnels – à l’exception notable des maires qui sont nos interlocuteurs privilégiés sur le terrain, et jamais associés aux prises de décision nous concernant au premier plan ». Ces deuxièmes lignes du sport, ces éducateurs sportifs qui œuvrent dans les territoires difficiles sont des boussoles, des piliers. Ils sont les accompagnateurs d’une jeunesse en manque d’espoir, mais aussi les formateurs de nos plus grands sportifs.
Les signataires constatent que « la rencontre du monde du sport qui annonce 400 millions d’euros cette semaine ne cible pas les territoires les plus en difficulté de notre pays ! Nous souhaiterions être écoutés dans le cadre du plan de relance ».

Et la ministre d’allumer tout de suite un contre feu avec un tweet publié (21/11 18 h 25) quelques heures après l’article dans l’Equipe dans lequel elle annonce plus « 75 M€ qui ont permis de soutenir les acteurs socio-sportifs au plus prés du terrain ». Et quelques minutes plus tard, le fidèle lieutenant, directeur de l’Agence du sport dans un tweet (21/11 18 h 48 ) de préciser que « les quartiers en politique de la ville (QPV) est une priorité : 1800 emplois d’éducateurs (15 M€), 40 M€ pour soutenir les associations sportives de terrain en QPV et 20 M€ dans la rénovation des équipements ».  Bataille de chiffres à venir d’autant que les signataires réclament immédiatement 50 M€ « pour assurer la survie des associations sportives dans les quartiers. »

Les JO en ligne de mire

« Dans le cadre de l’héritage des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, il avait été annoncé la création de milliers d’emplois pour les jeunes, mais à ce jour aucun projet concret n’est pourtant mis en route ! » poursuive les signataires.
Pire des manifestations anti JO commencent à s’organiser. Une trentaine de collectifs citoyens de Seine-Saint-Denis ont manifesté mardi après-midi pour protester contre plusieurs projets immobiliers prévus dans le département pour les Jeux olympiques de 2024. 

-> A lire : La mobilisation anti-JO 2024 descend dans la rue (sur le site de Libération)
 

Comment effectivement imaginer réussir les jeux sans les quartiers ? Mais plus globalement sans une politique d’éducation par le sport ? Là encore, quel est le cap ? Quelle est la vision ? Quel est le projet ?

Lancement du Grenelle de l’éducation et de l’inclusion par le sport à Garges-Lès-Gonesse

Pour y répondre, le maire de Garges-Lès-Gonesse a proposé l’organisation du Grenelle de l’éducation et de l’inclusion par le sport, le 1er février prochain dans sa ville, suite à la réunion consacrée à la situation dans les quartiers à Matignon le 23 novembre dernier, lors de laquelle le Premier ministre a reçu neuf maires. « J’ai alerté le Premier Ministre sur l’état de nos clubs, qui ont un rôle majeur d’accompagnement pour nos jeunes et, plus largement, d’orientation des publics. Ces clubs sont aujourd’hui au bord du gouffre et souffrent de difficultés majeures pour obtenir des soutiens financiers. J’ai donc proposé que ma ville, Garges-Lès-Gonesse, accueille le Grenelle de l’éducation et de l’inclusion par le sport. A Garges, comme dans d’autres villes populaires, nous avons choisi de mettre le sport au cœur de notre politique de vivre ensemble, d’insertion et d’éducation pour la jeunesse. Il est crucial de recréer du lien et une relation de confiance avec les acteurs du sport. »

Le Maire de Garges-Lès-Gonesse a appelé l’ensemble des élus locaux, financeurs d’une grande partie du sport, acteurs associatifs, éducateurs sportifs, grands champions français, entreprises, parlementaires, l’ensemble des ministères concernés (Travail, PME, Jeunesse, Sports, Éducation, Politique de la ville, Justice), ainsi que le COJO, à participer à la co-construction de ce Grenelle de l’éducation et de l’insertion par le sport. L’objectif majeur sera de tracer une nouvelle ambition pour le sport dans les quartiers populaires, à la hauteur de l’engagement phénoménal de ces acteurs essentiels qui œuvrent pour nos territoires a-t-il indiqué dans un communiqué.

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